Résumé

A.-D. Roazoun Revue de Bretagne de Vendée et d’Anjou

À ce moment la Reine entra et félicita Isabelle qui lui exprima sa reconnaissance en termes émus.
— Il s’agit maintenant, dit la Reine, de faire parvenir au marquis une nouvelle qu’il doit attendre avec impatience.
— Mais si Votre Majesté le permet, j’irai moi-même la porter. Voilà bien longtemps que j’ai quitté mon père et il me tarde de l’embrasser.
— Ah que non pas ! interrompit la Reine, puisque le Roi mande le marquis de Chapolorys à la cour, il vous faut l’y attendre. Assez longtemps vous avez vécu loin de la société qui convient à votre âge. N’est-il pas vrai, mon fils ?
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À ces paroles inattendues Isabelle pensa défaillir. Elle se remit pourtant et répondit à la Reine que sa réputation de nageur était très surfaite ; mais elle fut congédiée avec ces paroles ambiguës :
— Allez, chevalier, nous vous connaissons mieux que vous ne le pensez, et sachez qu’il nous appartient de juger comment nos sujets doivent nous servir.
Plus morte que vive la malheureuse s’éloigna sans mot dire. Cette fois, pensait-elle, la Reine a deviné la vérité. Je n’ai plus qu’à implorer sa clémence, car rien ne saurait me sauver.
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Cependant la jeune fille sentait bien que son père n’était point résigné à son injuste disgrâce. Elle s’en affligeait pour lui et rêvait à son tour aux moyens d’amener le roi à connaître la vérité.
Un jour que le marquis exprimait, pour la centième fois peut-être, le regret de n’avoir pas un fils pour le charger de sa défense :
— Mais pourquoi ne prendrais-je pas sa place ? dit tout à coup Isabelle. Je me rendrais à la cour sous un déguisement, et je trouverais bien là quelqu’un de vos amis d’autrefois pour me donner accès auprès du roi et me procurer le moyen de lui présenter votre défense.
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