Alfred Tennyson

Alfred Tennyson

Résumé

Portrait de Alfred Tennyson Alfred Tennyson,  Genièvre

“ Il est parti, le Roi mon époux, mon légitime seigneur, comment osai-je l'appeler mon époux? L'ombre d'un autre s'attache à moi et me souille: lui, le Roi, m'a bien appelée polluée. Me tuerai-je? A quoi bon? Je ne puis tuer mon péché, si l'âme est âme; je ne puis non plus tuer ma honte, ni l'éteindre à force de vivre. Les jours deviendront des semaines, les semaines des mois, les mois s'ajouteront les uns aux autres et feront des années, les années s'aggloméreront en siècles, et mon nom sera toujours un terme de mépris. ”
Source : Gutenberg

Portrait de Alfred Tennyson Alfred Tennyson,  Genièvre (1868)

“ Ainsi la majestueuse Reine resta maintes semaines parmi les nonnes sans en être connue ; elle ne se mêlait point à elles, ne leur révélait pas son nom, et, plongée dans son chagrin, elle ne pensait ni à se confesser ni à communier ; elle ne se plaisait qu'avec la petite novice, qui, par son babil enfantin, lui faisait oublier ses peines. Mais voici qu'une nuit le bruit se répandit que messire Modred avait usurpé la couronne et s'était ligué avec les païens pendant que le Roi faisait la guerre contre Lancelot. Elle se dit : « Avec quelle haine le peuple et le Roi doivent-ils me haïr ! » ”
Source : Gallica

Portrait de Alfred Tennyson Alfred Tennyson,  Genièvre (1868)

“ « Pas de lumière, si tard ! La nuit est sombre et froide ! Oh ! laissez-nous entrer, pour que nous puissions trouver de la lumière ! Trop tard, trop tard ! vous ne pouvez entrer maintenant.
« Ne vous a-t-on pas dit combien l'époux est aimable ? Oh ! laissez-nous entrer, quoique tard, pour baiser ses pieds ! Non, non, trop tard ! vous ne pouvez entrer maintenant. »
Voilà ce que chanta la novice, pendant que la triste Reine, la tête dans les mains, pleurait amèrement, se rappelant la pensée qui l'agitait quand elle vint pour la première fois.
”
Source : Gallica

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