Résumé

Camille Bellaigue Un an d'hôpital - Août 1914-août 1915

Elle fut longue, et lourde, cette fin d’août et cette première huitaine de septembre. Pas de blessés encore. La tâche souhaitée se dérobait au dévouement inutile, et, dans l’hôpital vide, les infirmières oisives trouvaient trop lent à venir un devoir qu’appelait en vain leur généreuse impatience.
Loisirs pleins de mélancolie d’abord, puis d’inquiétude, enfin d’une angoisse croissante avec l’approche du péril. L’été s’achevait, splendide, et la sérénité du ciel ne faisait qu’aviver, par le contraste, l’émotion dont battaient les cœurs !
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Camille Bellaigue Un an d'hôpital - Août 1914-août 1915

Jamais, plus sombre pour nos âmes, notre ciel d’août n’avait été, pour nos yeux, plus éclatant. Chaque jour, de l’aube jusqu’au soir, une égale et constante lumière étendait sur l’hôpital encore vide et sur les jardins silencieux, l’enchantement, — et le mensonge, hélas ! — d’une inaltérable paix. Les « vieilles maisons françaises, » chapelles ou pieux logis, nous offraient, sur leurs visages de pierres grises, le charme et le sourire des chères et saintes choses de notre pays.
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Camille Bellaigue Un an d'hôpital - Août 1914-août 1915

Accord aimable, soutenu par une harmonie plus profonde et plus admirable encore. A l’hôpital du Séminaire, j’ai vu, toute une année, les deux élémens, les deux vertus, sacerdotale et militaire, en quelque sorte conjuguées, se multiplier l’une par l’autre, à l’infini. « J’ai vu, » pourrait-on dire avec Renan toujours, « j’ai vu à Saint-Sulpice les miracles que nos races peuvent produire, en fait de bonté, de modestie, d’abnégation personnelle. » Ces miracles, et d’autres aussi, nos soldats, nos prêtres, et nos prêtres-soldats, les ont chaque jour accomplis devant nous.
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