Résumé

Claude Boyer Policrite, tragicomédie

CLEON
Ah! Seigneur, empeschez l'éclat de ce secret.
MENANDRE
Comment.
CLEON
Vous en mourriez de honte & de regret.
Oüy, Seigneur, apprenez qu'il aime une Bergere.
MENANDRE
Que dis-tu ?
CLEON
Le secret, qu'il s'obstine à vous taire.
MENANDRE
Je voy qu'entre vous deux cet amour concerté...
CLEON
Quoy, doutez-vous, Seigneur, de ma fidelité ?
Je vous apprendray tout mais empeschez de grace...
MENANDRE
Il aime une Bergere ? Ah ! honte de ma race :
Empeschons son secret d'éclater dans la Cour,
Qu'on pense tout de luy, plutost que son amour.
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Claude Boyer Policrite, tragicomédie

LE ROY
Je ne te puis nier que j'ay peine à comprendre
Que jusqu'à cet amour son cœur ait pû descendre ;
Mais aussi je comprens quelle fatalité
Des esprits les plus fiers brave la liberté,
Quand ce charme divin, cette source de flame,
La Beauté sert l'Amour pour triompher d'une ame :
Ce qu'aime Philoxipe est d'un si grand pouvoir,
Qu'il trẽble pour moy-méme en me le faisant voir :
Tout ce qui fait aimer, esprit, beauté, jeunesse...
MENANDRE
Rien ne peut faire aimer avec tant de bassesse ;
L'indignité du sang ternit tous ses appas,
Et tout manque à mes yeux, où la gloire n'est pas.
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Claude Boyer Policrite, tragicomédie

PHILOXIPE
Amy, plains mon malheur, sans me le reprocher ;
Ou pour guerir un mal que je ne puis plus taire,
Reproche-moy cent fois que j'aime une Bergere.
CLEON
Une Bergere, ô Dieux ! tu trembles mon amour.
PHILOXIPE
Rien de si beau jamais n'a paru dans la Cour ;
C'est la Bergere enfin qu'on crût avec justice
L'ingenieux effort de ton seul artifice.
CLEON
Quoy, de mon seul crayon l'effort capricieux...
PHILOXIPE
Non, non, l'original s'est fait voir à mes yeux,
Et c'est assez long-temps que ton art infidelle
Usurpe à la Nature un si parfait modélle
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