Résumé

Portrait de Cucheval-Clarigny Cucheval-Clarigny Littérature américaine - Un roman d’amour puritain

Tout le roman découle du reste d’une théorie nouvelle sur l’amour. Suivant Mme Stowe, la source de l’amour, c’est le besoin d’idéal qui est en nous. C’est cet idéal que nous poursuivons dans autrui ; il attire la partie romanesque, c’est-à-dire élevée, de notre âme, comme l’aimant attire le fer (la comparaison est de l’auteur) , et si nous aimons, c’est parce que nous croyons le trouver dans l’objet de notre amour. C’est ainsi que mistress Scudder a aimé son mari, que sa fille aime James, que le docteur aime Mary, qu’enfin Virginie de Frontignac aime Aron Burr.
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Était-il possible que l’amour entrât dans le cabinet d’un révérend docteur, et qu’il pénétrât dans un cœur vide et dépouillé de tous ces lambeaux de poésie et de roman qui lui fournissent d’ordinaire les matériaux de ses sortilèges ? Oui vraiment ; mais l’amour vint si discrètement et si pieusement, d’un pas si sage et si prudent, que le bon docteur ne leva jamais le nez pour voir qui entrait. La seule chose qu’il sût, le pauvre homme, c’est qu’il respirait un air d’une étrange et subtile douceur.
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C’est lui qui nous rend capables d’affection désintéressée, de dévouement, de sacrifice, d’amour ; c’est lui qui peut maîtriser en nous les passions et les appétits grossiers. La sagesse humaine, uniquement préoccupée des choses de la terre, qualifie de romanesque cet élément divin et s’efforce de l’extirper de notre âme, sans se douter qu’elle tarit du même coup la source des sentimens généreux, des grandes inspirations, des jouissances dignes d’un noble cœur, et nous rend le vrai bonheur impossible.
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