Résumé

Portrait de John Lemoinne John Lemoinne Le Roman de la vie des noirs en Amérique

Il en est des états à esclaves comme de certains états d’Europe, d’Italie, par exemple ; leur demander de se réformer, c’est leur demander de se tuer. Sans doute, les choses humaines ne se gouvernent pas avec l’absolu, mais aussi il y a des vérités absolues avec lesquelles il n’y a point de transaction imaginable. L’esclavage est en lui-même un crime ; il ne peut pas être corrigé, il ne peut et ne doit être que détruit. Les maîtres le savent bien, et ils sont dans la logique quand ils rejettent tout compromis, toute réforme. L’esclave ne doit être qu’une brute, une chose, un meuble
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Mon orgueil, dit-il, sera de donner la plantation en bon état au mari de miss Nina ; mais si tu savais, Lisette, ce que cela me coûte de peine ! le mal que j’ai à tirer quelque travail de ces êtres ! les détours que je suis obligé de prendre pour obtenir d’eux quelque chose, pour les faire travailler ! Ils me détestent, ils sont jaloux de moi. Je suis comme la chauve-souris de la fable, ni oiseau ni quadrupède. Que de fois j’ai souhaité de n’être qu’un bon et honnête nègre noir !
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Ainsi je sens que je suis un Gordon, je sens au fond du cœur que je ressemble au colonel Gordon, je le sais, et c’est encore une des raisons pour lesquelles Tom Gordon me hait. Mais ce qu’il y a de plus dur que tout, c’est d’avoir une sœur comme miss Nina, savoir qu’elle est ma sœur, et n’oser jamais lui en dire un mot. Quand elle joue ou plaisante avec moi, elle ne sait pas quelquefois ce que je souffre, car j’ai des yeux, j’ai une intelligence
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