Charles Lavigerie

Charles Lavigerie

Résumé

Portrait de Charles Lavigerie Charles Lavigerie L’Esclavage africain

Nous avions rejoint les Arabes de Nyangoué.
Une lutte terrible se livre en moi. Pendant un instant je me sens irrésistiblement poussé à châtier les auteurs de tant de massacres et de forfaits. Le souvenir des maisons veuves de locataires, des habitants arrachés à leurs demeures et de ce pauvre vieillard si éloquent en sa douleur et de ces cadavres de femmes pourrissant au milieu du fleuve, — ce souvenir affreux semble avoir une voix et crier vengeance.
Et cependant la réflexion me vient. De quel droit me ferais-je le justicier de l’Afrique ? Et à quoi bon faire justice ?
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Portrait de Charles Lavigerie Charles Lavigerie L’Esclavage africain

Rien n’est plus facile à établir.
L’Afrique était un monde inconnu et comme perdu pour le genre humain jusqu’au commencement de ce siècle. C’est seulement alors qu’à l’une de ses extrémités, par les entreprises commerciales de l’Angleterre, à l’autre, par les conquêtes militaires de la France, la vie sembla lui revenir. Mais l’intérieur restait toujours un mystère que les explorateurs cherchaient vainement à percer. À une telle tâche des hommes isolés ne pouvaient suffire, quelle que fût leur intelligence et leur audace.
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Portrait de Charles Lavigerie Charles Lavigerie L’Esclavage africain

Si le nègre est paisible, on a le droit d’incendier ses villages ; s’il se défend, on a le droit de lui ôter la vie ; s’il fuit, on a le droit de le faire périr dans d’horribles supplices pour épouvanter les compagnons de son infortune et les détourner de l’imiter.
Ces droits affreux, les bourreaux musulmans et les brigands qu’ils s’associent, les exercent partout où ils sont les plus forts, depuis les pays soumis aux incursions des Touaregs jusqu’aux bords du Nyassa et du Zambèze, maintenant qu’on les a laissés pénétrer jusque là.
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