Édouard Dujardin,
Mari magno : poèmes 1917-1920
(1922)
“ Les loups, hélas, seront toujours les loups; Hélas, les poings des mauvais bergers sont armés; Le sacrifice, hélas, comme l'amour, est un dieu qui va les yeux bandés; Hélas, le ventre, en tout temps, en tout lieu, commande fort; Et la horde des obscènes chiens ne cesse pas de hurler à la curée. J'ai gémi avec vous, ô mes amis, sur cette guerre, Et j'ai pleuré avec vous sur cette paix Mais davantage j'ai gémi dans mon cœur Et davantage dans mon cœur je pleure A cause de l'hypocrisie et du mensonge et de la calomnie et de la bassesse et de la bêtise (ô bêtise de la bête!) ”
