César Chabrun 

Résumé

César Chabrun  Revue des Deux Mondes

C’est là-dessus que reposeraient les clauses de la paix, et elles n’y reposeraient pas d’une façon permanente, mais seulement comme sur un sable mouvant. Seule, une paix entre égaux peut durer, c’est-à-dire une paix dont le principe même est l’égalité et une participation commune à un bénéfice commun. Aussi bien pour faire une paix durable que pour régler équitablement les questions de territoires, de races ou de rattachement national qui sont controversées, il faut avoir l’état d’esprit qui convient, il faut faire régner entre les nations le sentiment qui convient.
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César Chabrun  Revue des Deux Mondes

Ils doivent demeurer tels, sous peine de cesser d’être ; les États ne peuvent rien abdiquer de leur indépendance sans aliéner leur existence propre en tant qu’États. La guerre, conséquence de l’indépendance des États est donc fatale, et pourtant les hommes ont le devoir de mettre un terme à cette fatalité, non parce qu’une contrainte extérieure l’interdit (il ne peut y avoir de contrainte juridique d’État à État) , mais parce que la Raison la condamne. La violence internationale est contraire à la Raison, c’est-à-dire à la liaison pratique. La guerre est dégradante pour l’humanité.
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César Chabrun  Revue des Deux Mondes

Il ne juge pas parce qu’il n’y a rien à juger ; et il n’y a rien à juger parce qu’il n’y a pas de juge. Que M. Wilson ne porte pas sur les belligérans un jugement personnel, il faut en douter ; mais à ce jugement il ne peut donner une forme juridique, partant extérieure ; il ne tient pas la balance égale entre les belligérans, il n’a pas de balance pour les peser. De même, il ne demande pas de comptes aux belligérans ; il ne dit pas : comment ferez-vous la paix ? mais : qu’appelez-vous la paix et qu’appelez-vous une paix durable ?
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