Résumé

Dialogue entre deux ouvriers, écrit sous leur dictée sans qu'ils s'en fussent aperçus… (1848)

ALEXANDRE. Tu peux être dans le vrai, mais, d'après ton raisonnement, l'ouvrier doit rester ce qu'il est, c'est-à-dire toujours malheureux.
ERNEST. Non, ce n'est pas là mon raisonnement; je tiens autant que qui que ce soit à ce que le sort de la classe ouvrière soit amélioré; j'y tiens d'autant plus vivement que je ne serai pas un paria, et j'en aurai sans doute bien ma petite part; mais cette amélioration ne peut avoir lieu du jour au lendemain, elle n'aura lieu qu'autant qu'elle sera basée sur la justice et la vérité, hors de là, tout ne sera encore que chimères.
Source : Gallica

Dialogue entre deux ouvriers, écrit sous leur dictée sans qu'ils s'en fussent aperçus… (1848)

Ainsi nous soulève-t-on contre les lois sages nées de l'expérience des siècles pour nous opprimer ensuite par les lois nées du renversement de l'ordre et au sein de l'anarchie. Et c'est nous toujours qui payerons de notre sang et de notre vie, ces révolutions que nos agitateurs exploitent à leur profit en cherchant à s'emparer de l'or et de la puissance.
ALEXANDRE. Je crois m'apercevoir que tu tiens le langage des aristocrates; tu ne sais donc pas qu'il faut que nous les mettions tous à bas, et vive la République démocratique et sociale !
ERNEST. Ah! le voilà maintenant avec ton socialisme
Source : Gallica

Dialogue entre deux ouvriers, écrit sous leur dictée sans qu'ils s'en fussent aperçus… (1848)

ERNEST. Non, je ne suis pas le défenseur des rois, mais je défends la libellé contre la tyrannie, et je crois qu'il n'est pas nécessaire de bouleverser toul et de s'exposer à tout, pour substituer une tyrannie à une autre tyrannie. Sont-ce ces hommes sans idées, sans principes généreux, qui au lieu de chercher à apaiser nos souffrances ne font que les irriter, des hommes qui ont passé leur vie entière à conspirer, qui conspireront sous tous les gouvernements jusqu'à ce qu'ils arrivent au pouvoir, sont-ce ces hommes qui nous donneront la liberté.
Source : Gallica

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