“ Et l’amour-propre ne pousse-t-il pas l’homme bien plus loin que la vanité sur la voie du perfectionnement, de l’achèvement, de la grandeur? On les confond l’un avec l’autre, et c’est une erreur profonde, car à les bien considérer ils s’excluent l’un l’autre; on élargit les mobiles et les aspirations de la vanité, on transforme et rapetisse celle de l’amour-propre. L’amour-propre c’est l’amour de soi. Or l’amour de soi vraiment senti ne peut faire désirer que le bon et le grand, la réalité et non l’apparence, la vraie gloire et non la fausse gloire, tandis que la vanité!... ”
Dora Melegari
Résumé
Âmes dormantes, de Dora Melegari, explore les tensions entre soi et société à travers des thèmes comme le mensonge, la conscience et l’âme. L’œuvre interroge la quête de l’harmonie intérieure, la nécessité d’un amour sincère et la responsabilité de l’individu face à ses contradictions.
Les citations soulignent l’importance d’une introspection approfondie et la critique des mirages sociaux. L’auteur insiste sur l’unité de l’âme et sa capacité à éclairer la vie, invitant à une réflexion sur la dignité humaine et la recherche d’un bonheur authentique.
Citations de Ames dormantes (Dora Melegari)
“ En disant mensonge, il s’agit du mensonge vécu, plus encore que du mensonge parlé. Le mensonge vécu est toujours un mal, certains mensonges parlés peuvent parfois être un devoir. Lorsque pour sauver une situation, éviter un malheur ou un désagrément grave, la bouche prononce un non au lieu d’un oui, l’être intime n’en est point contaminé; certes, si l’on remonte de l’effet à la cause, un péché quelconque de soi ou d’autrui est presque toujours la base de cette déviation indispensable de la vérité, mais l’âme qui a dû s’y soumettre n’est pas nécessairement pour cela une âme de mensonge. ”
“ Aussi, lorsque l’âge des passions est passé, s’étiolent-ils dans un ennui morne, dont ils finissent par mourir. Pour la distraction et le relèvement de leur esprit, des trésors de connaissances s’étendent en vain devant eux; ils sont impuissants à les saisir, à les absorber, à s’en enrichir l’intelligence et l’âme. Le fonds de culture leur manque, l’habitude du travail cérébral leur fait défaut; ils ne peuvent plus assimiler ni méditer; ils ne savent même plus jouir, car comme dit Schopenhauer: «Toute splendeur, toutes jouissances sont pauvres reflétées dans la conscience d’un benêt.» ”
