Ernest Bequet

Résumé

Ernest Bequet Revue des Deux Mondes

Mais il ne faut pas croire qu’à l’exemple d’un roman de chevalerie, Froissart n’ait à vous entretenir que de prouesses et de coups de lances. Il excelle à peindre les passions, les mœurs, avec cette forme dramatique si recherchée aujourd’hui !... L’épisode des amours d’Édouard iii et de la belle comtesse de Salisbury est célèbre et mérite de l’être : c’est un chef-d’œuvre de grâce et d’harmonie.
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Ernest Bequet Revue des Deux Mondes

Des coutumes, des traditions, la science de quelques clercs, forment le droit privé. La force ou la ruse intervient souvent, mais sans faire scandale ni détruire l’harmonie générale du système. Et puis, la chevalerie a des fêtes si belles, des institutions si généreuses ! et l’église ! quelle n’est pas la splendeur de ses cérémonies, l’autorité de ses ministres, la sainteté de ses cloîtres ! L’enchantement est continuel, infini, et ne laisse de place pour le doute ni pour la critique.
Ainsi Froissart, historien et poète, ne nous peindra la féodalité que des couleurs les plus brillantes
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Ernest Bequet Revue des Deux Mondes

L’aspect sauvage de ce pays, et les mœurs non moins étranges de ses habitans, leur valeur obstinée avaient vivement frappé l’imagination de Froissart, et lui faisaient écrire, long-temps après, à l’occasion de je ne sais quelle bataille, ces lignes d’une précision énergique : « Et sachez que la bataille fut durement bien combattue ; car Anglois et Écossois, quand ils se rencontrent en bataille, sont dures gens et de longue haleine : en combattant, ils s’arrêtent sur le pas, et là fièrent et frappent de haches ou d’autres armures, sans eux ébahir, tant que haleine leur dure. »
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