Ernest Lavisse

Ernest Lavisse

Résumé

Portrait de Ernest Lavisse Ernest Lavisse Journal des débats

Ce qui est vrai, c’est que tous, clercs, chevaliers et communiers, ont goûté le parfum de cette fleur d’orgueil qui éclot de la victoire. Ils se sont sentis grands et glorifiés en la personne du roi que la journée de Bouvines a fait plus grand et plus glorieux.
C’est en lui, le roi, en lui seul, qu’est l’unité de la nation naissante. C’est lui, le personnage à la fois réel et mystique, l’homme sacré par l’huile miraculeuse et le politique si avisé, le prêtre qui bénit et le soldat qui tue, c’est lui qui représentait la France à Bouvines.
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Bouvines a donné à notre pays, avec la sécurité de son berceau, belle figure dans le monde.
C’est dans les pays d’obéissance le roy que la journée a été le mieux célébrée ; mais dans tout le royaume de France, hors du royaume, à Rome où la défaite de l’empereur excommunié compta comme une victoire de l’apôtre Pierre, en Terre-Sainte, partout où il y avait des chevaliers, et où l’on savait les belles histoires héroïques du temps de Charlemagne, cette gloire sacra la vraie France, celle dont l’histoire, sans interruption, continuera jusqu’à nous.
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La fuite d’Otton n’arrêta point la lutte. Chevaliers d’Allemagne et chevaliers de France s’embrassèrent en étreintes mortelles. Jetés bas par leurs chevaux éventrés, ils s’empoignaient. C’étaient des corps à corps sans nombre, car il n’y avait plus d’espace pour des coups d’épée. Un géant, parmi les chevaliers de France, Étienne de Longchamp, « homme aux membres immenses, qui ajoutait la vigueur à son immensité et l’audace à sa force », saisissait les Allemands par le cou ou par les reins et, sans blessure, les tuait.
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