Résumé

F. Anstey Revue des Deux Mondes

Ah ! l’ingrat ! le monstre !
— Cher oncle, s’écria Lilian, ne parlez pas ainsi de Bingo, je vous prie ; il ne mérite peut-être pas les reproches dont vous l’accablez. Qui sait s’il n’a pas été tué ?
— Tué ! répéta le colonel avec emportement. Comment peut-on s’imaginer qu’il existe un être assez cruel, assez dépravé pour tuer un animal aussi inoffensif ? Où avez-vous pu prendre une idée semblable, Lilian ? Dites-le-moi, je vous prie ! Non, je vous engage plutôt à ne jamais répéter ce propos. Vous ne croyez pas qu’on l’ait tué, n’est-il pas vrai, Mr. Weatherhead ?
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Je sus bientôt que le colonel et sa femme n’avaient pas d’enfans ; la jeune personne, à la taille souple et élancée comme un roseau, que j’avais vue par-dessus le mur du jardin, était leur nièce et leur fille adoptive. Lilian Roseblade ne tarda pas à faire son apparition ; je me disais, pendant que l’on nous présentait l’un à l’autre, que son doux et frais visage, sur lequel quelques petites frisures brun foncé jetaient une ombre légère, justifiait amplement toutes les espérances et tous les rêves d’un moment si impatiemment attendu.
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Et l’étranger siffla un air, sur lequel l’infernal caniche fit tout le tour du jardin sur ses jambes de derrière. On suivait d’une des fenêtres du salon tous ses mouvemens avec stupéfaction.
— Il danse comme un vrai saltimbanque ! s’écria le colonel consterné ; malgré cela, ce n’en est pas moins maître Bingo.
— Vous n’êtes pas convaincu ? Alors continuons. Azor, ici !.. Pour Bismarck, Azor ! — Le caniche se mit à aboyer avec furie. — Pour Gambetta, Azor ! — Le caniche agita sa queue en se livrant à maintes gambades d’une gaîté folle.
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