Benjamin Rabier

Résumé

Benjamin Rabier Les mésaventures d'un chien (1907)

J'avais le sauvetage facile. De nouveaux faits le prouveront.
Je flânais un soir dans la campagne, humant avec délices l'air attiédi et parfumé d'une belle fin de journée printanière, lorsque, tout à coup, j' entendis un cri perçant paraissant venir du bord d'une petite rivière dont j'étais éloigné d'à peine une centaine de mètres.
Je me précipitai du côté d'où venait cet appel désespéré et j'aperçus alors le fils de mon
maître le bon petit Jean, qui allait disparaître dans les flots, emporté par une ligne de pêche qu'entraînait un gros poisson.
Source : Gallica

Benjamin Rabier Les mésaventures d'un chien (1907)

J'avais enfin trouvé sur ma route un ange égaré parmi les humains.
La vie me parut moins cruelle ; les hommes me semblèrent moins méchants depuis que je me sentais à
l'abri dans la maison de la Bonté !
J'étais au lit depuis trois jours déjà lorsque se présentèrent Jean et Jeanne venus me faire visite.
En apprenant de la bouche de ma
maîtresse l'aventure tragique à laquelle j'avais été mêlé, ils fondirent en larmes et s'approchèrent en tremblant de ma couchette.
Source : Gallica

Benjamin Rabier Les mésaventures d'un chien (1907)

Combien de pauvres toutous ont payé de leur vie la fidélité qu'ils avaient vouée à leurs maîtres !
Légers, gais et fringants dans notre jeunesse, l'homme nous choie, nous caresse et nous comble de bienfaits. Cassés, infirmes et tristes dans notre vieillesse, le maître nous abandonne au coin d'une
rue quand il ne pousse pas la cruauté jusqu à nous attacher une corde au cou et nous pendre à une poutre de son grenier.
Autant le chien est bon, fidèle et dévoué, autant l'homme est dur, méchant et injuste.
Source : Gallica

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