Résumé

Portrait de Francis Bacon Francis Bacon Essais de morale et de politiqueChapitre XIX

Cependant, comme, en toute espèce de guerre, l’agresseur multiplie ses ennemis, couverts ou déclarés, la véritable règle sur ce point, règle qui concilie les loix de la justice avec les maximes de la prudence, c’est de se tenir toujours prêt à faire la guerre, d’attendre la première provocation de l’ennemi, et de fondre sur lui avec le manifeste au bout de la pique : ce qui diminue encore plus son courage, que s’il n’eût pas espéré de jouer le rôle d’assaillant
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Car le défaut le plus ordinaire des princes, comme l’observe Tacite (et Salluste) , c’est d’avoir en même temps des volontés contradictoires ; c’est là le solécisme le plus fréquent du souverain : il ne peut souffrir l’exécution de l’ordre qu’il vient de donner lui-même ; il veut la fin et ne peut endurer le moyen.
Les rois ont des relations nécessaires avec leurs voisins, avec leurs épouses et leurs enfans ; avec le clergé, la haute noblesse et celle du second ordre, ou les simples gentilshommes
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Cette règle forme donc la plus grande partie de l’art de vivre ; règle bien connue de Cyrus, d’Alexandre-le-Grand, de Jules-César, des Romains, pris en général, et des Français d’aujourd’hui, qui viennent de l’imprimer avec la pointe du sabre sur la moitié de l’Europe : c’est parce que notre généreuse et immense jeunesse, qui ne sait se défendre qu’en attaquant, brille comme l’éclair et frappe comme la foudre, qu’elle est invincible et compte autant de victoires que de batailles.
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