Frédéric Soulié

Frédéric Soulié

Résumé

Portrait de Frédéric Soulié Frédéric Soulié Les Mémoires du Diable

Ernest le comprit ainsi.
— Ah ! vous n’avez jamais aimé ? s’écria-t-il. Ah ! tant mieux ! Vous m’aimerez, moi.
— Ceci est plus que de la folie.
— Oh ! vous m’aimerez, vous dis-je. Je suis jeune, je suis riche, je suis libre ; ma carrière n’est pour moi qu’une occupation sans avenir, je puis la quitter comme je l’ai prise : tout ce que j’ai donné d’activité à des études fastidieuses, à des plaisirs plus fastidieux que ces études ; tout ce que j’ai d’avidité dans le cœur pour la vie aventureuse, je le mettrai à vous chercher, à vous poursuivre, à vous adorer.
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Portrait de Frédéric Soulié Frédéric Soulié Les Mémoires du Diable (1838)

Lucy, c’est que la vie est là.
— La vie des gens heureux !
— Non, Lucy ; c’est à Paris qu’il faut aller quand on souffre. Quand on a dans le cœur une flamme à éteindre, un désir de feu à contenir, il faut aller à Paris. Là sont toutes les occupations de l’esprit, toutes les fêtes où l’oreille et les yeux sont enchantés ; là on effeuille son âme à mille plaisirs inconnus ici, quand on ne peut pas la donner tout entière au bonheur.
— Vous avez raison ; ce doit être un grand soulagement que de ne rien garder en soi de soi-même. Avez-vous été amoureux à Paris, Luizzi ?
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Portrait de Frédéric Soulié Frédéric Soulié Les Mémoires du Diable

Lucy, vous savez tout ce qu’il y a pour vous dans mon cœur ; celui qui a osé vous aimer peut-il vous oublier, et ne doit-il pas être resté votre meilleur ami ?
Les larmes de madame du Val s’arrêtèrent convulsivement dans ses yeux, et, regardant Luizzi qui était resté à genoux, elle répondit comme si elle eût essayé d’être coquette :
— En vous voyant dans cette posture, ce n’est point là le titre qu’on vous donnerait.
— Qui oserait en espérer un autre ? dit Luizzi en souriant.
— Celui qui aime bien espère tout, répliqua la marquise d’une voix exaltée.
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