“ BIRBONE, jetant son poignard. J’ai réglé mes comptes ! LE COMTE. Misérable ! tu viens d’assassiner M. del Grido ! BIRBONE. Vous n’y êtes plus pour rien, c’est une affaire personnelle. (Il court à la porte de gauche, et s’apprête à tirer le verrou.) CARDILLO, dans la coulisse. Monsieur le baron ! BIRBONE, repoussant le verrou. Il n’y est pas ! (Il court à la porte du fond. — Même jeu.) LÉONORA, dans la coulisse. Monsieur le baron ! BIRBONE. Il est en voyage ! (Au comte.) Pour Dieu ! dites-moi par où l’on sort d’ici. (Il ouvre les volets et la fenêtre.) Une échelle de corde ! Ah ! ”
Edmond About
Résumé
"Gaëtana", d'Edmond About, est une pièce dramatique déroulée dans le contexte troublé de Naples, où les enjeux de pouvoir, d'honneur et d'amour s'entrelacent. Les personnages principaux, tels que Birbone, le baron et le comte Pericoli, incarneront des conflits sociaux et émotionnels intenses, autour de la figure centrale de Gaëtana.
L'œuvre examine les tensions entre les classes, les rivalités amoureuses et les sacrifices moraux, comme en témoignent les scènes de dispute et les dialogues empreints de sous-entendus. Publiée au XIXe siècle, elle reflète les problématiques de l'époque à travers un récit riche en suspense et en drame familial.
Citations de Gaëtana (Edmond About)
“ CARDILLO. Dix-sept ans, monsieur Birbone. BIRBONE. Alors vous le connaissez à fond ? CARDILLO. Je m’en pique. BIRBONE. N’est-ce pas un homme assez violent ? CARDILLO. C’est le plus doux des hommes. BIRBONE. Ah ! tant pis. On m’a dit qu’il était un peu serré, et que les pauvres gens jouaient gros jeu à lui faire tort d’une bagatelle ? CARDILLO. Je n’ai jamais essayé ; mais je puis vous dire que de tous les gentilshommes de Naples M. le baron est le plus généreux. BIRBONE. Diable ! Est-ce qu’il l’a toujours été, gentilhomme ? CARDILLO. De père en fils, depuis les croisades. ”
“ BIRBONE, à part. Ah ! scélérat ! Je vois son jeu ! MARTINOLI. Silence ! (Au baron.) Monsieur, avez-vous bien compris la portée de vos paroles ? c’est M. le comte Pericoli que vous accusez d’un assassinat ? CAPRICANA, à Martinoli. Remettez l’affaire à demain. C’est un phénomène d’hallucination ! Le cerveau est affaibli par la secousse ! LE BARON. Mon corps est affaibli, docteur, mais l’esprit n’est pas malade, et j’affirme de nouveau ce que j’ai dit. BIRBONE, s’avançant vers lui. Je vous baise les mains, monsieur le baron. Vous êtes la bonté même, et la justice en personne ! ”
