Marie-Madeleine Bonafon

Résumé

Marie-Madeleine Bonafon Les Confidences d’une jolie femme

Rien de plus joli, de plus adroit, de plus flatteur. Ces cajoleries étoient soutenues de caresses assez vives... Je me crus aimée, parce qu’on m’assuroit que je devois l’être. Ma colere s’appaisa ; mon cœur s’attendrit... Peu s’en fallut que je ne m’accusasse d’ingratitude envers un homme si jaloux de mon bonheur.
Rozane me fit la première visite à l’heure où le cercle se formoit chez moi. Vêtu avec plus de goût que de magnificence, noble, simple, presque négligé ; ... il étoit admirable ! Je vis qu’on le remarquoit, j’en ressentis une émotion... dont je n’examinai point le principe.
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Marie-Madeleine Bonafon Les Confidences d’une jolie femme

Madame, les foiblesses de l’amour méritent souvent plus de pitié que de colere, parce qu’on n’y jouit pas d’une entiere liberté d’esprit ; mais cette trame d’imposture, cette malignité, froidement réfléchie, telle que vous venez d’en faire l’aveu, ne peuvent, ne doivent jamais trouver d’excuses.
Qu’on se représente mon étonnement, de m’entendre condamner par les raisons mêmes dont je croyois tirer ma justification. Confuse, interdite, n’osant accuser directement mon mari d’un excès de sévérité, je bégayai quelques mots. En vérité... rien n’est plus étrange...
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Marie-Madeleine Bonafon Les Confidences d’une jolie femme

Savez-vous, dis-je, à qui ma mere me destine ? — Non. — A M. de Murville ! — A Murville ! répéta le Marquis presqu’aussi étonné que je l’avois été moi-même... Il est aimable, ajouta-t-il après un moment de silence... Je connois bien des femmes qui vous estimeront fort heureuse. Eh ! que m’importe leur opinion, si mon cœur la dément ! m’écriai-je. Il est à votre fils, ce cœur dont on prétend que je dispose en faveur d’un autre ; je ne puis le lui arracher, je ne dois pas même le vouloir, ce seroit lui donner le coup de la mort...
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