Isabelle de Montolieu

Isabelle de Montolieu

Caroline de Lichtfield (1786, en 2 tomes)

Résumé

Portrait de Isabelle de Montolieu Isabelle de Montolieu Caroline de Lichtfield (1786, en 2 tomes)

Non, chère Caroline, non, tu ne seras point appelée à ce cruel sacrifice. C’est moi seul qui dois, qui veux le faire, et tu ne sauras jamais combien il me rend malheureux ; tu ne liras jamais dans ce cœur qui t’adore ; tu ne verras, tu ne soupçonneras que mon amitié : mais si tu m’accordes la tienne, si je fais ton bonheur et celui de Lindorf, serai-je en effet malheureux ?... Ah ! Caroline, Caroline ! toi seule au monde pouvois me faire sentir qu’on peut l’être en remplissant tous ses devoirs... Pour renoncer à toi sans mourir, il ne falloit ni te revoir ni te connoître...
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Portrait de Isabelle de Montolieu Isabelle de Montolieu Caroline de Lichtfield (1786, en 2 tomes)

Il est vrai que j’aimois déjà ton père à la folie, et qu’il n’y a rien de tel que l’amour pour donner du courage. Mon grand système à moi, c’est qu’il faut s’aimer à la passion quand on se marie ; il n’y a que cela qui puisse faire supporter les peines de cet état. Les mariages de passion : voilà les seuls qui soient heureux ; aussi n’en ai-je point voulu faire d’autre, ni entendre parler de mariage après celui de ton père, parce que mon cœur n’étoit plus susceptible que d’une tranquille amitié, qui ne suffit point au bonheur. L’amour, l’amour mutuel, voilà ce qu’il faut en ménage.
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Portrait de Isabelle de Montolieu Isabelle de Montolieu Caroline de Lichtfield (1786, en 2 tomes)

Caroline tremblante s’étoit assise, et couvroit son visage de son mouchoir... Lindorf se promenoit à grands pas... Mariée, répéta-t-il encore en se frappant le front. — Et après un autre moment de silence... Non, non, c’est impossible, absolument impossible. Vous m’abusez, Caroline ; vous vous jouez d’un malheureux dont vous égarez la raison. Cessez ce jeu cruel ; dites... dites-moi que vous n’êtes point mariée. — Il n’est que trop vrai que je le suis, répondit Caroline d’une voix altérée. — Mais votre amie ? — Elle l’ignore ; je vous l’ai dit, c’est un secret. — Ô Caroline ! Caroline !
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