George Sand

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Résumé

Portrait de George Sand George Sand Le Livre rose

Garnier, ne pouvant guérir son fatal amour, ne manquait pas de faire la plus sotte figure partout où il se montrait. La dame orange, il faut en convenir, le dédaignait complètement. Jamais elle n’avait été plus à la mode.
Ce jour-là surtout, il n’avait jamais été en butte à des railleries plus mordantes, à de plus cruelles agaceries. L’ironie est une figure de rhétorique qui, lorsqu’elle n’est pas trop prodiguée, est du plus grand effet. Ce qui portait la belle Amélie à rire outre mesure, c’est qu’elle avait les dents fort belles.
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Portrait de George Sand George Sand Le Livre rose

La dent tomba dans son assiette, et le domestique qui se trouvait derrière l’enleva aussitôt. Amélie n’avait pas poussé un cri ; elle posa le coude sur la table, et regarda autour d’elle si on s’en était aperçu. Tout le monde l’avait vu distinctement, tous les regards étaient sur elle, et les plus charitables des convives ne manquèrent pas de crier à tue tête.
Impossible de faire remettre la dent funeste. « Madame une telle a une dent postiche. » Déjà elle entendait chuchoter, sa beauté était perdue, son règne était passé.
Garnier la dévorait des yeux.
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Portrait de George Sand George Sand Le Livre rose

Mais elle étend dans les mansardes, de la porte à la fenêtre, sa longue toile d’araignée ; de faibles rayons de soleil glissent à peine et se font jour entre ses réseaux épais ; un insecte y danse çà et là au milieu d’un flot de poussière, tandis que le monstre aux pattes velues s’y accroche et s’y suspend dans tous les sens.
Garnier ouvrit sa fenêtre. Hélas ! quel beau froid il faisait ! comme s’il y avait de beaux froids quand on compte ses bûches ! le soleil était sans nuages, la terre sèche et nette comme une assiette d’étain.
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