Résumé

Hyacinthe Rigaud ; par l'auteur des "Neiges d'Antan"… (1877)

Croyez-moi, monsieur, laissez-moi vous mettre un peu de poudre parfumée.
Quelle folie ! dit Rigaud ; c'est une sotte mode, malpropre, et qui donne l'air vieux.
Point du tout, monsieur, cela rajeunit et adoucit tous les visages. Allons, monsieur, laissez-vous poudrer, vous serez charmant!
Et lui jetant un peignoir sur les épaules, Alcindor lança sur sa perruque un nuage de poudre qui la blanchit tout d'un côté. Sa
perruque une fois blanchie à dextre, il fallut la blanchir à senestre, et pour faire prendre patience au peintre, Alcindor se mit à lui dire mille biens de madame de Faverny.
Source : Gallica

Hyacinthe Rigaud ; par l'auteur des "Neiges d'Antan"… (1877)

Madame me comble, dit Rigaud, et je ne saurais lui être trop reconnaissant; mais je ne veux point me marier.
Pourquoi cela ? dit la princesse : je sais que vous vivez d'une façon exemplaire.
Vous êtes de ceux qui doivent faire souche d'honnêtes gens.
Madame, dit Rigaud, je ne me marierai point, et à vous, si parfaitement bonne pour moi, et qui, j'ose le dire, ne jugez pas les choses selon les maximes du monde, à vous je puis avouer pourquoi j'ai pris cette résolution. La seule femme que j'aie jamais aimée, et que j'aimerai jusqu'au dernier jour de ma vie, ne peut être mienne.
Source : Gallica

Hyacinthe Rigaud ; par l'auteur des "Neiges d'Antan"… (1877)

Je n'ai jamais vu madame de Faverny qu'en présence de son mari.
Jamais? fit la duchesse d'un air de doute : jamais, monsieur, est-ce bien vrai?
- Parfaitement vrai, dit le peintre.
Ce n'est donc pas elle que vous aimez, alors ! hé bien, je croyais pourtant avoir deviné.
Votre Altesse ne s'est pas trompée, dit Rigaud ; c'est bien elle que j'aime, mais ce que j'aime plus que sa beauté , plus que ma vie, plus que la sienne, madame, Dieu le sait, c'est son honneur !
J'ai vu l'apparition des esprits, dit la princesse : je ne dirai plus que la Rochefoucauld s'est trompé.
Source : Gallica

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