Résumé

Portrait de Louis Gillet Louis Gillet Un Peintre de la beauté féminine - Ernest Hébert

Et il y a une chose que ce peintre nous enseigne : c’est le respect de l’art. Dans notre temps de hâte, de rapidité, d’ « impressionnisme, » où l’on couvre d’or des ébauches, des esquisses, des « notes, » où on livre au public les pensées les plus insignifiantes, ou chacun fait argent des brouillons les plus inchoatifs, il nous a rappelé le mérite de l’exécution. Une œuvre qui n’est pas « faite » peut avoir toutes les qualités : elle n’a qu’un défaut, c’est qu’elle n’existe pas. Hébert a eu l’horreur de l’improvisation, du bégaiement, de l’à-peu-près.
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Portrait de Louis Gillet Louis Gillet Un Peintre de la beauté féminine - Ernest Hébert

On se prend, là-haut, à douter de la civilisation. De combien de choses superflues nous nous embarrassons ! Combien notre confort a surchargé la vie ! Et ce bien-être, dont nous sommes si vains, que ne nous coûte-t-il pas en noblesse et en poésie ?
Ce n’est pas la douceur du christianisme franciscain, le charme de la plus suave atmosphère morale, qui retenaient le peintre dans sa bourgade de la Cervara : il y était enchaîné par les beaux yeux des Cervaroles. La beauté, pour Hébert, est toujours du genre féminin.
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Hébert n’y a jamais cherché que la beauté.
Voilà pourquoi il ne pouvait plus se passer de l’Italie. C’est à la Cervara, dans les montagnes de la Sabine, non loin de Subiaco, au cœur de l’antique Ombrie, âpre et rugueuse Auvergne, espèce de massif central italien, — c’est là, en pleine solitude, qu’il prit ses quartiers généraux et coula les années les plus fécondes de sa vie. A deux heures de Rome, ce coin de l’Italie est à peu près sauvage. On y mène une vie que n’a pas avilie le contact du progrès. Vie mâle, noble et rude. On manque de tout.
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