Résumé

La Farce de l'an mil, en deux parties et en vers (1877)

PLACIDE; impérieux A Goel, A Baudri.
Taisez-vous, messire ! Et toi, reste, Et sois absous du Dieu vivant, Puisque tu dotas un couvent De cent acres, tant bois que vignes,. Puisqu'en toi j'aperçus les signes D'un durable et sûr repentir, Tu peux de ce monde sortir ; L'autre, aux seuls élus accessible, S'ouvre à toi. Quant à l'inflexible, Son heure est prochaine, et Satan, Plus inflexible encor, l'attend.
GOEL , à part
Satan ! ce nom me déconcerte !
PLACIDE, à la foule
Chrétiens ! la chapelle est déserte, Que Dieu, quand l'heure aura sonné, Y trouve chacun prosterné ; Suivez-moi, chrétiens.
Source : Gallica

La Farce de l'an mil, en deux parties et en vers (1877)

PLACIDE, GOEL, BAUDRI, LE PEUPLE, puis CHANTECLAIR. en Satan
GOEL à Placide
Un mot d'entretien, s'il te plaît?
Il lui saisit le bras.
Pauvre égreneur de chapelet, Sais-tu que c'est chose hardie De jouer telle comédie Avec un seigneur de haut lieu ?
PLACIDE, très-calme
De ce que le Souverain Dieu, Usant de clémence infinie,
Retarde l'humaine agonie, Tu rassures déjà ton pas, Pauvre fol, qui ne comprend pas Que le Maudit est là, qui veille.
GOEL, ricanant
Le Maudit ! Encor ? C'est merveille !
Abbé, dès qu'on a fait abus,
Les meilleurs chevaux sont fourbus.
Source : Gallica

La Farce de l'an mil, en deux parties et en vers (1877)

GOEL, impatienté
Grand merci du panégyrique, Mais j'ai soif, et ta rhétorique Vient là comme huile sur le feu ; Allons, à boire, ou bien, morbleu!...
OLIBRION, toujours suppliant
Sire, écoutez-moi sans colère! Jusques à présent, pour vous plaire, J'ai hardiment mis de côté Tout souci de l'éternité. Maïs aujourd'hui, le puis-je encore? La nuit qui n'aura pas d'aurore Sur le monde éperdu s'étend. Le jugement dernier, Satan, Et ces récits sur la fournaise Me mettant fort mal à mon aise, J'ai grand hâte de revêtir Le noir linceul du repentir !
Source : Gallica

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