Marie-Jeanne Riccoboni,
Œuvres complètes
“ Chaque jour rendoit la situation d’Ernestine plus douce et plus agréable ; sa reconnoissance lui fit oublier la longue froideur de cette femme : ses bontés la touchèrent ; elle lui pardonna une légèreté d’esprit, dont, après tout, elle n’avoit jamais souffert : quand les défauts des autres ne nous nuisent pas, il est rare qu’ils nous choquent beaucoup. Comme madame Duménil étoit gaie, complaisante, et qu’un secret intérêt l’engageoit à se faire aimer d’Ernestine, elle inspira aisément de l’amitié à une fille sensible, qui croyoit tenir d’elle l’aisance dont elle commençoit à jouir. ”
