Résumé

P. Scudo Les Sopranistes. — I. — Velluti

Les sopranistes sont les représentans de l’âge héroïque de l’art de chanter. Suscités par l’église pour remplacer les voix de femmes dans la chapelle du pape et dans les grandes métropoles de l’Italie, ces victimes de la sensualité de l’oreille et de la dépravation du sens moral apparaissent au théâtre dès la naissance de l’opéra, au commencement du XVIIe siècle. Au siècle suivant, les sopranistes, de plus en plus nombreux, étonnent l’Italie par leur incomparable bravoure ; ils enchantent l’Europe, qui les paie au poids de l’or.
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P. Scudo Les Sopranistes. — I. — Velluti

Sans regretter la révolution morale qui a banni de la scène italienne des chanteurs qui témoignaient d’un outrage fait à la nature humaine, en rendant justice au beau génie qui le premier a écarté de ses œuvres les voies factices des castrats pour les remplacer par des voix de femmes, ne craignons pas d’avouer cependant que des virtuoses comme Senesino, Farinelli, Caffarelli, Gizzielo, Guadagni, Pacchiarotti et Crescentini ont eu leur raison d’être, et qu’on s’explique l’admiration qu’ils ont excitée pendant un siècle dans toute l’Europe.
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P. Scudo Les Sopranistes. — I. — Velluti

Tous les princes souverains de l’Allemagne ont un opéra italien où domine un sopraniste plus ou moins célèbre, qui fait les beaux jours de la cour. On les entend partout, à Londres principalement, à Lisbonne, Madrid, Vienne, Stuttgart, Dresde, Berlin, Varsovie, et même à Saint-Pétersbourg, du temps de la grande Catherine. Ils sont les maîtres de la situation, ils traitent de puissance à puissance avec les princes et les rois, ils imposent au musicien, au poète, à l’entrepreneur de théâtre leur goût et leurs caprices enfantins.
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