Résumé

P. Scudo,  Les Sopranistes

“ C’est dans un beau palais qu’il s’est fait construire à une lieue de Bologne qu’il achève sa brillante carrière, et qu’il meurt vingt et un ans après avoir revu son pays. Riche, célèbre, visité incessamment par les voyageurs les plus distingués de l’Europe, Farinelli ne peut oublier cependant le temps heureux de sa puissance à la cour d’Espagne ; il pleure en regardant les portraits de Philippe V et de Ferdinand VI, et il attriste encore ses derniers jours par une passion malheureuse qui est moins rare qu’on ne le croit dans la vie des sopranistes. ”
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P. Scudo,  Les Sopranistes

“ Dans cet âge héroïque de l’art de chanter et de la naissance de la mélodie savante, on admirait avant tout la pureté matérielle du son, la flexibilité de l’organe, une longue respiration qui permettait au virtuose de jouer de sa voix comme un oiseau, d’étonner et de charmer l’oreille. Aucun sopraniste n’a possédé comme Farinelli ces qualités brillantes. Doué d’une voix de soprano des plus étendues et des plus admirables, Farinelli se produisit de très bonne heure dans les cercles choisis de la ville de Naples, particulièrement dans la maison des frères Farina, ses protecteurs. ”
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P. Scudo,  Les Sopranistes

“ Un jour que Charles VI accompagnait au clavecin un morceau que lui chantait Farinelli, il fut étonné du luxe de trilles, d’appoggiatures et de gammes interminables dont le virtuose chargeait son style. « Pourquoi, lui dit le souverain avec calme, après avoir rendu justice à sa merveilleuse exécution, pourquoi prodiguez-vous ces ornemens qui défigurent la pensée du maître, et qui n’excitent que la surprise des sens ? Il serait plus digne de votre talent et de l’art que vous cultivez de produire l’émotion par des moyens plus simples et plus expressifs. » ”
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