Résumé

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo L’Épopée du ver

Moi je bave et j’éteins. L’hydre est une rencontre
Moins sombre que le ver.
Je suis l’unique effroi. L’Afrique et ses rivages
Pleins du barrissement des éléphants sauvages,
Magog, Thor, Adrasté,
Sont vains auprès de moi. Tout n’est qu’une surface
Qui sert à me couvrir. Mon nom est Fin. J’efface
La possibilité.
J’abolis aujourd’hui, demain, hier. Je dépouille
Les âmes de leurs corps ainsi que d’une rouille ;
Et je fais à jamais
De tout ce que je tiens disparaître le nombre
Et l’espace et le temps, par la quantité d’ombre
Et d’horreur que j’y mets.
Source : Wikisource

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo L’Épopée du ver

Devienne on ne sait quoi de lugubre où s’ébauche
La pâle Némésis.
Je ne me laisse point oublier des satrapes ;
La nuit, lascifs, leur main touche à toutes les grappes
Du plaisir hasardeux,
Et, pendant que leurs sens dans l’extase frémissent,
Des apparitions de méduses blêmissent
La voûte au-dessus d’eux.
Je suis le créancier. L’échéance m’est due.
J’ai, comme l’araignée, une toile tendue.
Tout l’univers, c’est peu.
Le fil imperceptible et noir que je dévide
Ferait l’aurore veuve et l’immensité vide
S’il allait jusqu’à Dieu.
J’attends. L’obscurité sinistre me rend compte.
Source : Wikisource

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo L’Épopée du ver

Que le ver du tombeau n’atteint pas cette gloire ;
Hors moi, rien n’est réel ;
Le ver est sous l’azur comme il est sous le marbre ;
Je mords, en même temps que la pomme sur l’arbre,
L’étoile dans le ciel.
L’astre à ronger là-haut n’est pas plus difficile
Que la grappe pendante aux pampres de Sicile ;
J’abrége les rayons ;
L’éternité n’est point aux splendeurs complaisante ;
La mouche, la fourmi, tout meurt, et rien n’exempte
Les constellations.
Il faut, dans l’océan d’en haut, que le navire
Fait d’étoiles s’entr’ouvre à la fin, et chavire
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature