L. Herzberg-Fränkel

Élements biographiques

L. Herzberg-Fränkel Revue des Deux Mondes

Je n’ai jamais rencontré de plus charmante fille que la tienne, et je me suis dit que, dans la solitude souvent triste de mon château, une jeune créature aimable, vive et gaie serait une meilleure distraction que le jeu, la chasse et les festins. Ne le crois-tu pas toi-même ?
— Seigneur, je ne suis qu’un pauvre vieillard.
— Tu as raison, tu ne peux juger le cas. Tes sens sont engourdis depuis longtemps; d’ailleurs vous êtes si timorés, vous autres juifs! Un Dieu, une loi, une femme, cela vous suffit...
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L. Herzberg-Fränkel Revue des Deux Mondes

Aussitôt le peu de gens qui se trouvent sur son passage saluent jusqu’à terre; il ne répond pas même par un regard; il traverse lentement le village silencieux. Tout au bout se montre une grande maison. Les fleurs qui la précèdent, le chant des oiseaux dont les cages sont accrochées à ses murs blancs et bien lavés, la propreté du chemin qui conduit à la porte, le caquet joyeux des poules qui grattent le fumier de la cour, maint indice de prospérité en un mot, contrastent avec la désolation de tout le reste du village.
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L. Herzberg-Fränkel Revue des Deux Mondes

Bien que surpris et un peu effrayé de rencontrer le vautour dans son pigeonnier, il sut dissimuler et s’inclina en silence.
— Une affaire m’amène chez toi, Jacob. Assieds-toi, je te le permets, et maintenant écoute ce que j’ai à te dire sans m’interrompre.
Le vieillard s’affaissa craintif sur le divan, et son maître, continuant à marcher de long en large, reprit :
— Tu sais que je suis un homme résolu qui va droit au but et qui hait les détours. Que penses-tu de ta fille? — Seigneur, c’est une honnête enfant et la joie de la maison.
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