Raymond Carré de Malberg

Élements biographiques

Raymond Carré de Malberg La loi, expression de la volonté générale… (1931)

La vérité est donc que, dans une Constitution qui n'admet point les institutions d'intervention directe populaire, les pouvoirs reconnus au Parlement ne sont susceptibles d'être justifiés que par un concept d'autoritarisme, c'est-à-dire par l'idée que le Parlement est investi d'une puissance qui ne consiste plus seulement à énoncer la volonté du peuple, mais qui lui permet d'imposer au peuple sa propre volonté : en sorte que, pour les lois en particulier, on ne peut plus dire qu'elles sont simplement délibérées par le Parlement, mais il faut dire qu'elles sont décrétées par lui.
Source : Gallica

Raymond Carré de Malberg La loi, expression de la volonté générale… (1931)

Par là, la Constitution de 1875 a mis le Parlement en état de jouer, vis-à-vis de l'Exécutif, un rôle qui n'est plus seulement celui d'une Législature, mais qui devient comparable au rôle d'une assemblée constituante. Par là aussi, elle a créé, sciemment ou non, dans les rapports entre Parlement et Exécutif, une différence de pouvoirs, qui ne s'analyse plus seulement en une gradation hiérarchique, mais qui implique dans le Parlement une primauté transcendante de puissance; à une primauté de cette nature la science juridique ne peut donner d'autre nom que celui de souveraineté.
Source : Gallica

Raymond Carré de Malberg La loi, expression de la volonté générale… (1931)

On voit par ces divers traits quel véritable abîme juridique a été creusé par les fondateurs du droit public français entre le Parlement, qui est déclaré par la Constitution le représentant, c'est-à-dire l'égal, de la nation, et les autres personnages ou corps qui, d'après la Constitution, ne sont que les agents d'exercice d'une fonction de puissance nationale. Le Parlement prend rang de souverain : il est le souverain réel. Quant aux autres titulaires de pouvoirs divers, la qualification juridique qui leur convient, est celle de simples autorités : ce ne sont que des autorités commises.
Source : Gallica

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