Teodor de Wyzewa,
Contes Chrétiens
(1902)
“ Mais le mendiant refusa l’argent et dit au prince : « Jamais je n’ai vu une femme si belle. Je suis un pauvre homme, je n’ai besoin d’aucun plaisir. Seuls les yeux de la princesse me brûlent le cœur, depuis que je l’ai vue, comme des charbons enflammés, et je vais mourir si je ne lui donne pas un baiser. »Et le prince lui répondit : « Ami, tu auras donc ce que tu désires. Et que Dieu te juge, si tu agis contre sa loi ! » Et il alla prendre par la main sa jeune femme, qui était plus parée et plus belle que les fleurs des bois ; et il l’amena au mendiant pour qu’il lui donnât un baiser. ”

