Adelaïde de Montgolfier

Résumé

Adelaïde de Montgolfier Revue des Deux Mondes

DE L’ANGLETERRE. En France, nous avons peu de ces hommes que le génie, ou, si l’on veut, le démon de la poésie, va chercher sous un toit de chaume, sous les haillons de la pauvreté, et qu’il doue de toutes les richesses de l’âme et du pouvoir de donner à leurs pensées une forme palpable. Est-ce notre langue, pointilleuse, gênante en son allure régulière et compassée, qu’il faut accuser de cette pénurie de poètes sortis du peuple ou qui, restés dans son sein, y déploient, en dépit de leur obscurité, et comme en défiance de la misère, tous les trésors de poésie enserrés dans leur cœur ?
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Adelaïde de Montgolfier Revue des Deux Mondes

Il y a plus de sensations poétiques dans cette œuvre d’un artisan, bien que le style trahisse parfois l’imitation des auteurs classiques, et que la pensée, qui appartient bien à l’homme, s’allonge en se moulant dans des hémistiches et des formes apprises ; il y a, dis-je, plus de poésie intime dans les vers de l’ouvrier de Sheffield, que dans la plupart de ceux des poètes d’instinct que Southey passe en revue.
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Un pauvre artisan, membre de la Société contre la taxe du pain, a composé des rimes sur les lois qui gênent le commerce des blés. Sujet, auteur, tout semble assurément bien prosaïque ; mais où n’y a-t-il pas quelque poésie cachée ? La goûter est une jouissance offerte à tous, l’extraire est le lot d’un bien petit nombre : les fleurs ouvrent à tous leur calice odorant et sucré, l’abeille seule en sait tirer le miel.
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