Résumé

Albert Montagny Au profit des détenus politiques… (1835)

Mes sensations ! oh ! comme elles me tourmentent, comme elles m'agitent sans cesse! Tout se réunit pour me déchirer l'ame : ce sentiment immense, continuel et profond du néant et des vanités du monde ; l'incertitude de l'avenir, la peur de la misère, mon obscurité, l'isolement, la solitude du coeur, les pensées philosophiques, et plus que tout cela, oh ! oui, par-dessus tout cela, les regrets lacérans d'une vie mal dépensée, d'une existence mal comprise , d'un avenir manqué !
Harrassé de corps et d'esprit, je rêve toujours, mais d'une rêverie amère, sombre, délirante.
Source : Gallica

Albert Montagny Au profit des détenus politiques… (1835)

De toutes les joies que le monde nous donne il n'en est donc aucune qui puisse dignement remplacer celles qu'il nous ravit ! Oh ! que je souffre et que j'ai souffert ! Il m'est impossible de dépeindre l'état de mon ame, de matérialiser par des lettres mortes, inanimées, ces navrantes et perpétuelles impressions, ces terreurs, ces abîmes de mélancolie et de désespoir. Je me dessèche dans des angoisses si profondes que je deviens méchant, égoïste, et, n'ayant plus de sympathie pour les misères d'autrui, à peine puis-je rêver des miennes !
Source : Gallica

Albert Montagny Au profit des détenus politiques… (1835)

Ah ! pour le repos et le bonheur de certains esprits, l'ignorance de certaines choses est préférable et nécessaire ; car ceux dont les veilles se sont usées dans l'étude des secrets de notre essence doivent le plus profondément gémir sur cette navrante et fatale vérité : il y a dans le ciel et sur la terre une mysticité complice que toute la philosophie des hommes ne pourra jamais atteindre ni révéler. C'est une alchimie morale ; c'est un gouffre , un abîme sans fond que du regard on mesure avec effroi
Source : Gallica

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