Alexandre Fourgeaud

Résumé

Alexandre Fourgeaud Quand l'amour fait ses dents (1879)

Qu'est-ce quand la justice y apporte sa force toute-puissante? Si notre brutalité a ses heures de triomphe, votre grâce, à vous, enchaîne et domine toujours. Ayez donc confiance, et nul n'osera s'attaquer à votre droit.
Comme l'Université n'a pas ma présence en grande nécessité en ce moment, je serai dans cinq jours près de vous (le 23 au soir) .
Dites-le à votre excellente tante Magdeleine, afin qu'elle ne se hâte pas de quitter ce monde, et pour qu'elle attende mon arrivée.
Aimez-moi constamment, fermement, ma Gabrielle, et, autant que moi-môme, aimez ma mère et
ma sœur.
Source : Gallica

Alexandre Fourgeaud Quand l'amour fait ses dents (1879)

GABRIELLE.
P. S. Vous ne me jugerez pas mal, je l'espère, Monsieur, si je vous semble exempte de violent chagrin au chevet d'une mourante. Rappelez-vous que ma bonne vieille touche à sa quatrevingt-dix-septième année, que l'existence qui lui reste n'est qu'une demie somnolence et que, comme elle le répète, la vie qui n'agit pas fait désirer la mort.
Pensez aussi, cher Maxime, que quand pour moi le passé si plein de soucis fait brusquement place au riant avenir, je puisse être tout à l'un, après avoir si longtemps gémi par l'autre.
Source : Gallica

Alexandre Fourgeaud Quand l'amour fait ses dents (1879)

SOUS LE MARRONNIER
La nuit est noire et profonde.
Sous le dôme épais d'un marronnier touffu, à la lueur de la lune, qui frangele bord des nuages, on peut apercevoir, sur une terrassera robe blanche et l'écharpe brodée aux coins d'une jeune fille à la taille élancée.
C'est Wilhelmine, elle attend.
Est-ce donc son pas qui retentit et soulève la poussière du chemin? Non, c'est le vent qui murmure dans les arbres et l'amour de mon cœur joyeux. Est-ce sa voix qui vient à mon oreille, sa voix qui chante ? Non, ces accents si perçants sont ceux du
rossignol dans les acacias embaumés.
Source : Gallica

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