Alexandre Pouchkine,
Poëmes dramatiques
“ Mozart. Ah ! si tous sentaient ainsi la puissance de la musique ! Mais non, le monde n’eût pu subsister. Personne ne se serait préoccupé des basses nécessités de la vie terrestre ; tous se seraient adonnés à l’art libre. Nous sommes peu d’élus, peu de fortunés qui pouvons mépriser le gain sordide, et nous mettre en prières devant le seul beau, n’est-ce pas ?... Mais je ne me sens pas bien aujourd’hui. J’ai comme un poids qui m’étouffe. Je vais aller dormir. Adieu. Salieri. Adieu. (Mozart sort.) Tu t’endormiras pour longtemps, Mozart. — Mais a-t-il raison ? Je ne suis donc pas un génie ? ”
