André Beaunier,
Revue littéraire - Voltaire en Prusse
“ Voltaire a aimé le roi de Prusse. Mais, bien entendu il l’a aimé à sa manière, qui n’est pas très sentimentale, ni très dévouée, ni dépourvue d’égoïsme, et surtout qui n’est point aveugle. A nul moment un Voltaire ne se trompe sur son émoi et ne se dupe lui-même sur la qualité de sa tendresse ; il sait ce qu’il éprouve et n’aide point son cœur à être plus alarmé : voilà de mauvaises conditions pour réussir en amour, et même en amitié. L’on connaît trop sa faiblesse et l’imperfection de l’autre : tant de clairvoyance est, on général, l’ennemie des passions affectueuses. ”
