Résumé

Portrait de G. Lenotre G. Lenotre Prussiens d'hier et de toujours

Berlin avait donc vu arriver, un jour, dans ses murs, une troupe de gens dépenaillés qu’on prit pour des montreurs d’ours et qui avaient été comme tels bâtonnés tout le long de la route, malgré les protestations de leur interprète, un pauvre diable d’Allemand, auquel le grand khan de Tartarie avait fait couper le nez et les oreilles. Ces vagabonds traînaient un cheval étique et boiteux qu’ils présentèrent comme un cadeau de leur puissant empereur au souverain de la Prusse, ainsi qu’une paire de pistolets rouillés que l’un d’eux portait solennellement.
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Il faudrait, pour être fixé sur ce point, avoir le courage de lire tous les écrits des philosophes allemands, et il y en a ! Un « poilu » reculerait devant une telle entreprise...
Kant posait donc en principe que « l’ordre social parfait est le dernier terme de la culture », et que « l’homme a deux fins et deux devoirs : la perfection pour soi et le bonheur des autres ». « Vis-à-vis de moi, argumentait-il, je dois avoir en vue la perfection, non le bonheur ; vis-à-vis des autres je dois me proposer le bonheur, non la perfection. »
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Il faut être devenu soi-même étranger à l’honneur pour asseoir toute sa politique sur la certitude que l’intérêt le plus bas et la peur priment partout l’honneur et le droit. « L’Allemagne dit à la Russie : laisse écraser la Serbie par l’Autriche ; elle dit à la France : laisse la Russie aux prises avec l’Autriche ; elle dit à la Belgique : livre-moi les routes qui conduisent au cœur de la France ; elle dit à l’Angleterre : abandonne la Belgique et la France. » Elle se flatte que la Belgique s’inclinera, que l’Angleterre trahira, que la Russie aura peur, que la France demandera grâce
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