Résumé

Portrait de Augustin Cochin Augustin Cochin La reine Louise de Prusse

La reine Louise a dit à Napoléon : Nous nous étions endormis ! La Prusse avait dormi après Frédéric et Rosbach ; la France a dormi du même sommeil sur la gloire de 1789 et sur les lauriers d’Austerlitz. Elle s’est crue deux fois souveraine du monde, par les armes et par les idées, et ne parlait plus sans dédain du travail et du devoir, mots assez malsonnans et bien vieux, qu’il nous faut rajeunir. L’Allemagne a travaillé. Son réveil est dû à l’énergique effort de quelques hommes supérieurs aidés par l’effort obscur de chacun, à son poste, dans sa famille et dans sa maison.
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Portrait de Augustin Cochin Augustin Cochin La reine Louise de Prusse

Ce serait un blasphème de dire que Dieu a été avec lui ; mais en apparence il est un instrument dans la main du Tout-Puissant pour couper les branches qui n’ont plus de sève et qui ont grandi et se sont identifiées au tronc de l’arbre. Certainement des temps meilleurs viendront. Notre foi dans celui qui est le bien par excellence m’en répond. Le bien seul produit le bien. C’est pourquoi je ne puis croire que l’empereur Napoléon soit ferme et assuré sur son trône resplendissant. La vérité et la justice seules sont immuables ; il n’est que sage, c’est-à-dire que politique.
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Portrait de Augustin Cochin Augustin Cochin La reine Louise de Prusse

Il y avait à Berlin un parti de la cour et de l’armée, composé des vieux compagnons d’armes du grand Frédéric et de la jeune noblesse honteux de l’inaction militaire de la Prusse, plus honteux de sa politique tortueuse, pleins d’une confiance ridicule dans la supériorité des armes de la Prusse et d’un noble repentir de ses fautes diplomatiques. La reine Louise était l’âme de ce parti. Depuis Austerlitz, elle sentait blessé jusque dans ses entrailles l’honneur allemand, comme nous avons senti saigner après Sadowa l’honneur français.
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