M. Paléologue

Résumé

M. Paléologue Revue des Deux Mondes

S’être trop appliqué à la réalité, avoir trop participé au gouvernement, qui est la chose pratique par excellence, est une mauvaise condition pour revivre dans l’imagination populaire. Un peu d’inconnu et de pénombre est indispensable pour qu’une auréole de fables puisse se former autour de la tête d’un héros. Or, malgré l’influence qu’elle exerça sur les destinées de son pays, la reine Louise, je l’ai marqué plus haut, n’eut rien de la femme politique en ce sens que, si elle inspira souvent, elle ne gouverna jamais.
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M. Paléologue Revue des Deux Mondes

Un brouillard épais flottait sur la campagne, enveloppant toutes choses comme d’un linceul de tristesse, et de gros nuages voilant le soleil couraient sur le ciel.
Malgré le mauvais état des chemins défoncés par les dernières pluies et par le passage de l’artillerie, la voiture de la reine allait d’un train rapide vers Erfurth quand tout à coup un essieu se rompit. Tandis qu’on tâchait à réparer l’accident, un bruit sourd se fit entendre, du côté d’où l’on venait, suivi aussitôt de longues et violentes détonations. La bataille d’Iéna s’engageait.
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M. Paléologue Revue des Deux Mondes

Le voyant en si fâcheux état, le comte de Kalkreuth eut l’idée d’appeler la reine à Tilsit ; elle seule, pensait-il, pouvait, dans cette conjoncture suprême, sauver la situation : elle relèverait le moral de son époux, elle rappellerait au tsar les sermons de Potsdam, elle intercéderait enfin auprès de Napoléon, et le grand charme qui était en elle, — ce charme de séduction auquel nul encore n’avait résisté, — agirait peut-être sur l’âme du vainqueur.
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