Résumé

Portrait de Ernest Lavisse Ernest Lavisse Les Princes colonisateurs de la Prusse

Il habitua peu à peu les gens de Salzbourg à la pensée que dans le pays de Canaan, où il les avait appelés, on ne donnait rien pour rien, et que la terre et le prince y réclamaient le prix de leur générosité : la terre, la sueur du front des travailleurs, le prince une part de leur gain et de leur labeur et au besoin leur sang.
Après l’évêché de Salzbourg, c’est l’Autriche, la Silésie et la Bohême qui ont envoyé en Prusse, au temps de Frédéric-Guillaume, les plus nombreux colons. Quel contraste entre la politique religieuse de l’Autriche et celle de la Prusse, aux XVIe et XVIIe siècles !
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Qui veut comprendre l’avenir qui s’approche, les prodiges du règne de Frédéric II et les hontes du règne de Louis XV doit se représenter Frédéric-Guillaume à l’œuvre, en tenue d’ouvrier et tout occupé à bâtir l’état prussien, pendant qu’à Paris un monde frivole, couvert de soie et de velours, apprête en se jouant les funérailles d’un régime auquel, grâce à Dieu, n’étaient point liées à jamais les destinées de notre pays.
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Pourtant, quand l’Allemagne, à son tour, eut produit son réformateur, la plupart des Allemands qui étaient demeurés en Bohême s’étant convertis au luthéranisme, et la doctrine nouvelle ayant en même temps fait de grands progrès parmi les Tchèques, la communauté de croyance semblait devoir apaiser l’antipathie de race. Si quelque fatalité n’avait voué les Habsbourg au sort d’instrument de la réaction catholique, ils pouvaient, pour le plus grand profit de l’Allemagne, opérer la réconciliation, mais ils ne s’inspirèrent que de leur haine contre la réforme.
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