“ Pourtant nul ne semble mieux se dominer que lui‐même, à ces brillants lendemains de Tilsit, lorsqu’il reparaît, après sa longue absence, déjà un peu engraissé, avec un front qui se découvre sous un visage qui se remplit. ”
Tilsit
Définition et enjeux
Le Tilsit est un fromage suisse à pâte mi-dure, à croûte lavée et riche en matières grasses, issu d'une recette améliorée par des immigrés prussiens au XIXe siècle. Son histoire est marquée par l'adaptation des laitages locaux et l'influence des réfugiés mennonites.
Des auteurs comme Jacques Bainville ou Sergej Spiridonovič Tatiŝev ont évoqué le Tilsit dans un contexte historique lié aux traités napoléoniens, mais le fromage lui-même a donné naissance à des variétés distinctes en Suisse et ailleurs, avec des différences de fabrication et de goût. Aujourd'hui, il est produit dans trois cantons suisses et connu sous des noms variés, reflétant son évolution régionale.
Citations sur “Tilsit”
Sergej Spiridonovič Tatiŝev, Alexandre Ier et Napoléon : d'après leur correspondance inédite… (1891)
“ Voilà, monsieur, les observations réciproques qui résultent des traités conclus à Tilsit. L'empereur ne les viole pas, il ne viole aucun de ses engagements, lorsqu'il parle de la Valachie et de la Moldavie comme n'appartenant pas plus à la Russie que la Sibérie à la France. Quelque conversation qu'on allègue et quelque interprétation qu'on donne à ses discours, on ne peut méconnaître les droits que lui donnent les traités de Tilsit, traités qu'il a -exécutés jusqu'à ce jour avec autant d'exactitude qu'aucune des parties contractantes. ”
Souvenirs des guerres napoléoniennes… (1852)
“ Napoléon avait établi son quartier impérial à Tilsit. L'empereur Alexandre lui fit demander une entrevue qui fut accordée. Un radeau placé au milieu du Niémen reçut les deux empereurs qui se donnèrent la main et convinrent que la moitié de Tilsit serait neutralisée pour traiter de la paix. Alexandre demanda que le roi de Prusse fut admis à y prendre part. ”
Jules Ladimir, Campagnes, triomphes, revers et guerres civiles des Français… (1856)
“ Aux yeux de l'impartiale postérité, les deux traités de Tilsit seront des témoignages irrécusables de la modération d'un homme que l'on a voulu assimiler à un conquérant insatiable. L'histoire dira que, lorsque la conquête lui donnait le droit de dépouiller un prince qui avait faussé ses promesses, et manqué à la foi jurée, il lui restitua sa couronne, et que, vainqueur du premier potentat de l'Europe, il lui accorda des conditions si avantageuses qu'elles semblaient moins stipulées entre le vainqueur et le vaincu qu'entre deux alliés qui se partageaient le prix de leurs communes victoires. ”
Wladyslaw Fedorowicz, 1809, campagne de Pologne : depuis le commencement jusqu'à l'occupation de Varsovie (1911)
“ Lorsque à Tilsit les deux plus puissants monarques de l'univers, en accordant à l'humanité souffrante la paix par un acte digne de leur grandeur, ont rendu à notre pays son indépendance, et à nos anciens vœux un roi bien-aimé ”
Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XVIII,… (1824)
“ APRÈS le traité de Tilsit, l'Europe fléchit sous la main puissante de l'homme extraordinaire qui s'était assis sur le trône de ses rois. Le monarque exilé se vit encore contraint, par le malheur des temps , de quitter la terre hospitalière, et d'aller chercher un asile dans cette île que les flots de l'Océan mettaient à l'abri des entreprises du conquérant. Le Roi de Suède, GustaveAdolphe , fit préparer la frégate la Fraya pour S. M. Louis XVIII. Le Roi de France débarqua à Varmouth dans le plus strict incognito. ”
Sergej Spiridonovič Tatiŝev, Alexandre Ier et Napoléon : d'après leur correspondance inédite… (1891)
“ Il paraît donc nécessaire, pour consolider la paix, de songer à les rendre indépendants des Turcs. La paix de Tilsit ne prononce rien à leur égard. Leur propre vœu, exprimé vivement et plus d'une fois, les a portés à prier l'empereur Alexandre de les admettre au nombre de ses sujets. Ce dévoûment pour sa personne lui fait désirer qu'ils vivent heureux et satisfaits, sans vouloir étendre sur eux sa domination. Sa Majesté ne cherche pas des acquisitions qui pourraient entraver la paix. ”
Louis-Pierre-Édouard Bignon, Histoire de France, depuis le 18 brumaire… (1836)
“ Dans tout ce qui a été arrêté à Tilsitt, il y a, diton, du gigantesque, du colossal, mais rien de complet ni d'achevé. On a raison sous ce rapport. Rien sur le continent ne pourra être achevé et complet, tant qu'on ne parviendra pas à la paix générale. La France, comme l'Angleterre, est lancée dans les voies d'un envahissement sans bornes. ”
“ — Ainsi donc, vous croyez que nous gagnerons la bataille ? — Oui, répondit d’un air distrait le prince André. Il y a une chose seulement que je n’aurais pas permise, si j’avais pu l’empêcher : c’est de faire quartier. Pourquoi des prisonniers ? C’est de la chevalerie ! Les Français ont détruit ma maison, ils vont détruire Moscou : ce sont mes ennemis, ce sont des criminels ! Timokhine et toute l’armée pensent de même ; ils ne peuvent être nos amis, quoi qu’ils en aient dit, là-bas, à Tilsit ! — Oui, oui ; s’écria Pierre, dont les yeux étincelaient, je suis tout à fait de votre avis ! ”
Louis XVIII,
Lettres d'Artwell, correspondance politique et privée de Louis XVIII.…
(1830)
“ Après la paix de Tilsitt, il se trouva dans la position la plus critique, ayant à se défendre à la fois contre la Prusse, la Russie et le Danemarck. Le royaume était épuisé d'hommes et d'argent; des plaintes , des murmures éclatèrent parmi le peuple et les troupes ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 28 février 1870
“ Dans ce rêve gigantesque, dont il va chercher la réalisation à Tilsitt, que poursuit-il ? Il livre ce qu’il ne devrait pas livrer, la Finlande par exemple ; il enflamme l’ambition d’Alexandre en se réservant les moyens de ne pas la satisfaire, et il se prépare un nouvel ennemi. ”
Jean-Roch Coignet,
Souvenirs d'un vieux grognard…
(1912)
“ Le 18 juin, toute notre armée se trouva près de Tilsitt, en face des Russes, dont elle n'était séparée que par le Niémen. Tilsitt est une belle ville, avec des rues larges, droites, bien bâties, et des environs fertiles. Elle se trouve entre un lac à droite et le Niémen à gauche. On nous fit camper au bout du lac. Le 19, un envoyé de l'empereur de Russie passa le fleuve pour parlementer. Il fut présenté au prince Murât d'abord, et ensuite à Napoléon, qui était installé dans la ville. ”
Antoine Guillois, Napoléon, l'homme, le politique… (1889)
“ Il s'en rendra compte, mais trop tard. Il a dit à Sainte-Hélène : « Après Friedland, j'aurais dû retirer la Silésie à la Prusse et abandonner cette province à la Saxe : le roi de Prusse et les Prussiens étaient trop humiliés pour ne pas chercher à se venger à la première occasion. Si j'en eusse agi ainsi, si je leur eusse donné une constitution libre et si j'eusse délivré les paysans de l'esclavage féodal, la nation aurait été contente. » Et cependant, cette paix de Tilsitt qui marque l'apogée de sa grandeur lui apparaissait pleine de promesses ”
A Schubart, Mémoires tirés des papiers d'un homme d'État sur les causes secrètes qui ont déterminé la politique des cabinets dans les guerres de la Révolution… (1828-1838)
“ Au reste , la paix de Tilsitt, signée hors, des frontières russes encore intactes, n'était nullement honteuse pour le Tzar; ses armées, après une vigoureuse résistance , avaient à la vé- rité été battues, mais non pas dispersées; une milice portée à douze cent mille hommes marchait à leur secours contre un ennemi jeté à cinq cents lieues de sa base d'opération, et l'Angleterre , sous une administration nouvelle , ne pouvait tarder à agir contre Napoléon. ”
Michel Chevalier,
Le Comte Mollien
“ Son intérêt comme son devoir étaient de prendre sous son égide les innovations qu’attendaient les peuples de toutes parts, sauf à les concilier avec ce que commande la prudence, avec les ménagemens qui sont inséparables de la bonne politique. Et peu importe après tout le langage qu’il a pu tenir dans l’enivrement qu’il avait rapporté de Tilsitt ; peu importe même que dans la multitude infinie de ses actes on en puisse citer un certain nombre qui soient dans le même sens. Ce n’est pas là qu’il faut aller chercher l’esprit de son gouvernement ”
Drujon de Beaulieu, Napoléon jugé par l'histoire, ou Précis historique et critique de la vie de cet empereur… (1844)
“ Nous avons dit que le traité de Tilsitt avait été conclu entre la Russie et Napoléon, avec des arrière-pensées mutuelles de guerre. La Russie n'abjura point alors le sentiment de haine politique qui avait présidé à sa levée de boucliers contre la France républicaine en 1798, et contre la France impériale en 1805 et 1806; elle conserva le projet d'abaisser un jour la prépondérance française, et l'établissement du duché de Varsovie était devenu pour elle un sujet d'inquiétude et de jalousie depuis le traité de Tilsitt. ”
Exposé de la situation de l'Empire français… (1807)
“ Les lauriers de Friedland ont amené la paix de Tilsitt: Friedland, nom immortel que la France répète avec orgueil , avec ceux de Marengo, d'Austerlitz etd'Jéna! Tilsitt, si cher aux peuples de l'Europe, qui ont enfin vu le terme des longues calamités d'une guerre st souvent renouvelée ! On conservera à jamais le ”
Louis-Pierre-Édouard Bignon, Histoire de France, depuis le 18 brumaire… (1836)
“ Jamais, depuis la révolution française, la victoire, quoique souvent rigoureuse, n'avait, au jour de la conclusion de la paix, imposé, à la puissance vaincue, d'aussi immenses sacrifices. Par le traité de Tilsitt, la Prusse perdait quatre millions deux cent trente-six mille âmes 1, presque la moitié de la population de cette monarchie. Dans les premiers mots que l'empereur Alexandre avait dits à Napoléon, il y avait, non-seulement un traité de paix, mais un traité d'alliance, et l'alliance 2 en effet fut signée le même jour que la paix. L'alliance était offensive et défensive. ”
Louis-Pierre-Édouard Bignon, Histoire de France, depuis le 18 brumaire… (1836)
“ Porte-Ottomane. Le dernier mot, le mot capital des conférences de Tilsitt a été qu'il ne serait pris aucun parti envers cette puissance que de concert entre les deux empereurs, et qu'en aucun cas ils n'agiraient l'un sans l'autre. Ce dernier mot est une ressource; on échappe à la difficulté par son ajournement. A l'égard des autres questions, on est parfaitement d'accord. A peine une alliance a été conclue entre la France et le Danemarck qu'elle a été communiquée à la Russie. Cette alliance sera temporaire. Elle est uniquement dirigée contre l'Angleterre. ”
Louis-Pierre-Édouard Bignon, Histoire de France, depuis le 18 brumaire… (1836)
“ Ainsi non-seulement l'empereur Alexandre admet, à Tilsitt, les dispositions générales du traité patent et de la convention secrète, signés à Paris par M. d'Oubril le 20 juillet 1806, traité et convention qu'à cette époque il avait refusé de ratifier, mais il subit en outre des conditions nouvelles auxquelles alors la France n'aurait pas osé prétendre. En 1806, ce prince avait conclu ou du moins un ministre bien inspiré avait conclu en son nom un traité de paix. L'Angleterre eût été obligée de suivre son exemple, et l'Europe aurait pu se reposer dans une paix générale. ”
Louis-Pierre-Édouard Bignon, Histoire de France, depuis le 18 brumaire… (1836)
“ Par la reconnaissance de Joseph comme roi de Naples, l'empereur Alexandre abjurait le protectorat que son père et lui-même avaient été jusqu'alors si jaloux d'exercer en Italie; par celle de la confédération du Rhin, il livrait l'Allemagne tout entière, moins l'Autriche, à la domination française. L'édifice élevé à Tilsitt, quoique ce ne pût être qu'un ouvrage partiel et temporaire, ne manquait pas cependant de solidité, puisque malgré la guerre d'Autriche en 1809 et l'interminable guerre d'Espagne, il se soutiendra près de six années, et ne sera détruit que par la guerre de 1812. ”
Louis-Pierre-Édouard Bignon, Histoire de France sous Napoléon… (1838)
“ Le duc, de Bassano rappelle tout ce qui a préparé, accompagné, suivi la paix de Tilsitt, la médiation acceptée par l'empereur Alexandre pour faire reconnaître par l'Angleterre les principes de neutralité maritime proclamés par les deux États; ensuite, après le bombardement de Copenhague, l'engagement pris par ce prince de ne jamais déroger au système convenu, système qui, en amenant la guerre de Suède, a valu à la Russie l'acquisition de la Finlande. ”
A Schubart, Mémoires tirés des papiers d'un homme d'État sur les causes secrètes qui ont déterminé la politique des cabinets dans les guerres de la Révolution… (1828-1838)
“ L'Allemagne était, comme en temps de guerre, couverte de troupes ennemies; elles tenaient garnison dans les forteresses; elles me- naçaient jusqu'aux frontières de la Russie, déjà désarmée, et cela par une chaîne continue de stations militaires, du Rhin au Niémen d'une part, et de l'autre du Rhin à Varsovie. Alexandre sentit alors , mais néanmoins sans se plaindre, que le traité de Tilsitt avait mis fin aux combats sans faire réellement renaître encore la paix; et cette, paix de Tilsitt avait généralement mécontenté les hommes les plus clairvoyans de la Russie. ”
Louis-Pierre-Édouard Bignon, Histoire de France sous Napoléon… (1838)
“ Napoléon occupe les places fortes de l'Oder en vertu des conventions qui ont suivi la paix de Tilsitt ; il a envoyé en Prusse d'autres troupes en exécution d'un traité d'alliance conclu entre le roi Frédéric-Guillaume et lui; il a fait entrer des troupes dans la Poméranie suédoise pour y empêcher l'introduction des marchandises anglaises. Ses armées, mises en mouvement comme représailles des rassemblements des armées russes dans les provinces lithuaniennes et sur la frontière du duché de Varsovie, sont échelonnées sur l'Elbe, l'Oder et la Vistule ”
Louis-Pierre-Édouard Bignon, Histoire de France sous Napoléon… (1838)
“ Au reste, ajoutait ce ministre, il n'y a qu'une question importante, « c'est laquestion des « neutres et du commerce anglais. L'Angleterre ne « reconnaît pas de neutres sur les mers. Nous ne « pouvons pas reconnaître, comme neutres sur a terre, les puissances qui reçoivent des pavillons « dénationalisés et laissent violer leur pavillon. « Ces principes résultent évidemment du traité « de Tilsitt. » Tandis que ce messager français va s'acheminer vers l'empereur Alexandre, le prince Kurakin, par une note-t du 7 mai, presse vivement le duc de Bassano de répondre à celle qu'il aremisele 3o avril. ”
Louis-Pierre-Édouard Bignon, Histoire de France, depuis le 18 brumaire… (1836)
“ Aujourd'hui, à vingt années seulement de distance, l'extension de la Russie vers Constantinople, l'occupation même de Constantinople par la Russie, ainsi que, dès Tilsitt, Alexandre en formait la demande à Napoléon, pourraient encore être une calamité pour l'Angleterre et pour l'Autriche, mais on ne tient plus pour démontré que c'en fut une également pour le reste de l'Europe, et particulièrement pour la France. ”
Louis-Pierre-Édouard Bignon, Histoire de France, depuis le 18 brumaire… (1836)
“ Quand l'Europe entière oublie une dynastie renversée, il y a de la grandeur dans l'obstination courageuse qui combat cetabandon universel. Il est seulement à regretter que cet héroïsme de persévérance n'éclate que dans un caractère d'ailleurs inconsistant et variable sous tous les autres rapports. Le roi de Prusse, tout malheureux qu'il est luimême, n'a point négligé à Tilsitt de faire quelques efforts dans l'intérêt de Gustave IV. Il désire empêcher que la dénonciation d'armistice, faite ”
Louis-Pierre-Édouard Bignon, Histoire de France, depuis le 18 brumaire… (1836)
“ Napoléon connaît la position d'Alexandre. Il y aura plus d'une fois égard et trop peut-être pour l'intérêt de la France. Alexandre a pris son parti avec franchise. La perspective menaçante qui s'offre à ses yeux ne fait point impression sur son esprit. Subjugué à Tilsitt par la supériorité de Napoléon, par des démonstrations amicales qui peutêtre aussi ne manquaient pas de sincérité, il espère trouver dans les avantages qui résulteront pour lui de l'alliance française le moyen de ramener les Russes à son système, et l'alliance en effet ne sera pas stérile pour la Russie. ”
A Schubart, Mémoires tirés des papiers d'un homme d'État sur les causes secrètes qui ont déterminé la politique des cabinets dans les guerres de la Révolution… (1828-1838)
“ « Tout ce que l'empereur des Français a dit à « Tilsitt sera régulièrement exécuté. » Le négociateur ajoutait : « Je ne vois rien dans le traité « secret qui contrarie ce que la Russie désire, mais « le moyen d'y arriver plus vite, c'est de hâter « l'existence d'un premier traité, car il est néces« saire d'être en armistice avec les Turcs, sinon « il est inutile de traiter, ou bien veut-on faire « leur épitaphe? » ”
Louis-Pierre-Édouard Bignon, Histoire de France, depuis le 18 brumaire… (1836)
“ Cette séparation ne fut point le fait du choix des alliés. Elle annonce d'avance l'inégalité de faveur qui attend dans la négociation la Prusse et la Russie. Napoléon a divisé les deux causes et l'empereur Alexandre n'a pas cru devoir élever, contre cette division, une remontrance qui eut pu être sans succès. Le 22 juin, l'empereur des Français avait, de son quartier général de Tilsitt, adressé à son armée la proclamation suivante : « Soldats, » Le 8 juin, nous avons été attaqués dans nos » cantonnements par l'armée russe; l'ennemi s'est » mépris sur les causes de notre inactivité. ”
Joseph Bédier,
Le Roman de Tristan et Iseut
“ Iseut rejeta la grande épée et prit en mains [36] le bliaut de Tristan. Elle y vit le cheveu d’or et se tut longuement; puis elle baisa son hôte sur les lèvres en signe de paix et le revêtit de riches habits.Au jour de l’assemblée des barons, Tristan envoya secrètement vers sa nef Perinis, le valet d’Iseut, pour mander à ses compagnons de se rendre à la cour, parés comme il convenait aux messagers d’un riche roi: car il espérait atteindre ce jour même au terme de l’aventure. Gorvenal et les cent chevaliers se désolaient depuis quatre jours d’avoir perdu Tristan ”
Joseph Bédier,
Le Roman de Tristan et Iseut
“ Alors les couards tremblèrent ; ils crurent voir Tristan revenu, qui saignait à blanc leurs corps. « Sire, nous vous donnions loyal conseil, pour votre honneur, comme il sied à vos féaux ; mais nous nous tairons désormais. Oubliez votre courroux, rendez-nous votre paix ! » Mais Marc se dressa sur ses arçons : « Hors de ma terre, félons ! Vous n’aurez plus ma paix. Pour vous j’ai chassé Tristan ; à votre tour, hors de ma terre ! — Soit, beau sire ! noschâteaux sont forts, bien clos de pieux, sur des rocs durs à gravir ! » ”
