Résumé

G. Cavaignac Revue des Deux Mondes

Et comme le roi de Prusse insistait sur les difficultés qu’il éprouverait pour trouver un ministre : « Prenez le baron de Stein, lui dit l’empereur, c’est un homme d’esprit. » En donnant ce conseil, l’empereur se fourvoyait certainement. S’il eût connu Stein, il n’eût pu trouver grand avantage à écarter Hardenberg pour lui faire place. Mais il le connaissait peu et mal. Stein n’était rien moins qu’un homme d’esprit au sens où nous l’entendons. C’est par des qualités qui sont la négation même de l’esprit, qu’il a frappé ceux qui l’ont connu.
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La plupart du temps, le paysan était en outre attaché au domaine par les liens du servage ou de la sujétion héréditaire. Il n’avait alors ni le droit ni la possibilité de quitter la demeure à laquelle sa naissance ou la volonté du seigneur l’avait attaché.
Dès lors, l’aristocratie foncière, à peine limitée dans ses goûts d’oppression, dans ses besoins d’exploitation ou dans ses fantaisies d’arbitraire par le contrôle de l’autorité monarchique, ne l’était point davantage par la faculté laissée à l’homme de fuir les maux dont il souffrait. Le paysan était rivé au sol.
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Il y a cependant une pensée politique dans le mémoire de Stein. Lui aussi, il veut « utiliser les forces qui sommeillent ou sont mal dirigées, établir l’accord entre l’esprit de la nation, ses vues, ses besoins et l’esprit des fonctionnaires chargés de gérer les intérêts généraux. » C’est ainsi qu’il compte éveiller « l’esprit de collectivité, » si faible en Allemagne, « le dévouement à la patrie, le sentiment de l’indépendance ou de l’honneur national. » Il juge indispensable de briser les entraves que la bureaucratie impose à l’essor de l’activité humaine.
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