Godefroy Cavaignac

Résumé

Godefroy Cavaignac Revue des Deux Mondes

Dans un État où l’oligarchie conservait, sur tout ce qui dépendait de sa terre, une part des attributions de la souveraineté, où tout essai, si timide qu’il fût, du régime représentatif donnait, comme image fidèle de la société, une assemblée livrée au parti des hobereaux, ce que l’État perdait ou ne gagnait point, ce n’était point le libre jeu des initiatives individuelles qui le pouvait acquérir. Qui donc en pouvait profiter sinon les seules individualités qui comptassent encore en Prusse, sinon l’aristocratie foncière ?
Le vrai mérite de Hardenberg est d’avoir vu cela.
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Godefroy Cavaignac Revue des Deux Mondes

Ce sont les modèles de la France révolutionnaire, c’est l’idée démocratique venue de France, qui ont fait naître les projets de régime représentatif : c’est le besoin de faire une place à ces énergies populaires répandues sur l’Europe bouleversée. Et, en vertu même de la constitution sociale de la Prusse, ce n’est point une assemblée populaire qui sort de ces timides essais, c’est une assemblée oligarchique. Par quelle étrange illusion d’optique Hardenberg redoutait-il de voir surgir en ces lieux et en ces temps l’esprit révolutionnaire?
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Godefroy Cavaignac Revue des Deux Mondes

Le régime parlementaire est établi en Prusse depuis quarante ans, et le suffrage universel admis en Allemagne depuis vingt ans. L’autorité monarchique ne s’est jamais encore heurtée au suffrage universel : elle s’est trouvée plus d’une fois en conflit avec le Parlement. Mais, dans ces conflits, elle n’a rien perdu de ses prérogatives. Lorsqu’en 1810 Stein et Hardenberg parlaient de constitution nouvelle et de représentation nationale, ils n’avaient ni l’un ni l’autre, si peu que ce fût, la pensée d’affaiblir l’autorité royale, ni d’en faire passer la moindre partie à un corps électif.
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