Résumé

P. Challemel-Lacour Les Historiens allemands de la révolution française…

Il est dur pour une génération d’être amenée à la nécessité de tout dater d’elle-même : elle se voit privée par là d’une grande force et d’un frein puissant, le respect du passé : aussi n’est-ce jamais par un pur caprice qu’un peuple en arrive à rompre brusquement avec ses traditions et à désavouer son histoire. On a pu demander sans absurdité s’il y avait une constitution en France avant la révolution [8] , comme si une nation pouvait vivre sans constitution, et l’on a pu répondre avec vérité qu’il n’y en avait point.
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P. Challemel-Lacour Les Historiens allemands de la révolution française…

« Il n’est pas moins évident que, si la liberté d’un peuple consiste à vivre selon les lois de sa nature, les efforts que fait la France pour se donner un gouvernement démocratique (c’est-à-dire, dans la langue de l’historien, libéral) sont en contradiction avec sa liberté, » de telle sorte qu’à supposer, comme le fait précisément M. de Sybel, la France destituée d’esprit politique et portée à aimer une centralisation écrasante, sa liberté consisterait à vivre dans la servitude.
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P. Challemel-Lacour Les Historiens allemands de la révolution française…

La société actuelle n’est plus, comme celle dont la révolution a marqué la fin, sous l’empire exclusif d’une doctrine maîtresse de toutes les consciences, qui avait tout fait à son image et dominait de l’autorité de ses dogmes absolus les institutions publiques et la vie tout entière. La raison a sa part reconnue dans l’aménagement sans cesse renouvelé des sociétés, et il n’y a plus à opposer à un système inflexible une nouvelle conception de l’existence humaine. Toute déclaration des droits serait aujourd’hui une reproduction hors de propos.
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