Résumé

P. Challemel-Lacour Diplomates et Publicistes de l'Allemagne - Frédéric de Gentz

Gentz a quarante-six ans, et ressent déjà les premières atteintes de l’âge. Les habitudes de sa jeunesse sont devenues plus exigeantes depuis qu’il est à Vienne, sur la terre classique du plaisir insouciant et de la frivolité. Jamais en effet sociétés plus brillantes n’ont animé la capitale de l’Autriche qu’à cette époque, où les Lobkowitz et les Esterhazy, les princesses de Courlande et la princesse de Bagration, les Palfy, les Schœnborn, les Lichtenstein, déploient, comme pour s’étourdir sur l’abaissement de l’état, un luxe inouï de fêtes, d’ameublemens et d’équipages.
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P. Challemel-Lacour Diplomates et Publicistes de l'Allemagne - Frédéric de Gentz

Il y a là une vigueur de haine qui montre assez que celui qui la ressent s’inspire de l’Angleterre plutôt que de l’Autriche.
Une justice à rendre à Gentz et une chose qui fait honneur à son sens politique, c’est que l’impatience ne l’aveugla jamais, ni en 1805, ni en 1806, ni en 1809, sur la condition absolue du succès de la guerre contre Napoléon. Il ne perdit jamais de vue que l’accord de la Prusse et de l’Autriche était le seul moyen de sauver l’Allemagne et sa seule garantie contre la France impériale.
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P. Challemel-Lacour Diplomates et Publicistes de l'Allemagne - Frédéric de Gentz

Frédéric de Gentz a éprouvé longtemps, même dans son pays, l’ingrate fortune des publicistes militans. Dès que les intérêts à la défense desquels ils ont consacré leur talent font place à d’autres intérêts, leur rôle d’un moment commence à s’amoindrir. Ceux de leurs écrits qui ont le plus fortement ému l’opinion, leurs pages les plus éclatantes et les plus chaudes, se refroidissent et bientôt s’oublient. En fait d’éloquence politique, la réputation de l’orateur semble, contre toute apparence, moins précaire encore que celle de l’écrivain.
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