Résumé

M. Levy-Bruhl L’Allemagne il y a cent ans

Pareillement, quand nous entendons des plaidoyers enflammés en faveur de la liberté politique, ce n’est pas un cri qui sorte des entrailles de la nation, c’est plutôt un écho des discussions qui agitaient alors l’Angleterre et la France. Sans doute, plus d’un Allemand souffrait de l’inertie politique qui lui était imposée et pouvait s’écrier, comme le héros des Brigands : « Mon âme a soif d’action, et mes poumons ont soif de liberté. » Plus d’un déplorait l’état d’impuissance où une constitution décrépite réduisait l’Allemagne
Source : Wikisource

M. Levy-Bruhl L’Allemagne il y a cent ans

Tous les hommes naissent égaux, doivent jouir des mêmes droits et méritent un égal respect. Il n’est pas de principe pour lequel les philosophes du XVIIIe siècle aient plus constamment combattu, avec plus de feu et d’habileté. Ils ont fini, en France du moins, par imposer ce principe, — un paradoxe, — comme un axiome évident par soi. Instruit par Malthus et Darwin, notre siècle y croit moins ; et, renversant la doctrine de Rousseau, il admettrait plutôt que l’inégalité est le fait de la nature, et l’égalité le fait de la société.
Source : Wikisource

M. Levy-Bruhl L’Allemagne il y a cent ans

Encore le triomphe suppose-t-il une lutte, et personne presque ne songeait alors à combattre le particularisme comme une plaie et un danger pour la nation.
Mais les grands mouvemens politiques, ceux mêmes qui ébranlent une nation entière, naissent souvent des efforts d’une minorité qui souffre impatiemment un état dont la masse s’accommode. Y avait-il alors en Allemagne, je ne dis même pas un parti, mais une élite irréconciliable avec les misères politiques présentes? Y avait-il une poignée d’hommes d’un patriotisme obstiné et ambitieux, espérant contre tout espoir?
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature