Résumé

K. Hillebrand La société de Berlin de 1789 à 1869

Ce mariage n’avait point été une de ces unions idéales comme on les rêvait alors, et il n’eût tenu qu’à Henriette de se sentir aussi malheureuse que Dorothée Veit. — Son bon sens, le calme aussi de sa nature, son respect des conventions surtout, l’empêchèrent toujours de se poser en victime : ce fut un mariage presque français, si j’ose ainsi dire, conclu, non point par spéculation, mais par raison et sans grande passion, subsistant par l’amitié et par une estime réciproque, se consolidant par l’association des intérêts et la communauté des habitudes plutôt que par l’union complète des âmes.
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K. Hillebrand La société de Berlin de 1789 à 1869

A Prague, elle établit un bureau de renseignement et de secours, acheta des chemises, recueillit de l’argent, pansa les blessures des Français comme des Allemands. « Un ennemi blessé n’est plus un ennemi, » disait-elle. Comme toutes les âmes vraies que les théories sur le bonheur de la paix perpétuelle n’ont pas faussées, Rahel était enthousiaste des hautes vertus qu’engendre la guerre, de l’humanité des officiers, de l’esprit de discipline, de la modestie, de la résignation des soldats, du courage, de l’oubli de soi, de la disposition d’âme de tous.
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K. Hillebrand La société de Berlin de 1789 à 1869

« Ne pensons ni à l’espace ni au temps, ne songeons qu’à nous et à ce qui nous est le plus cher, le monde intérieur, le seul vrai, » écrit Schleiermacher à Henriette en trahissant le secret de toute sa génération, qui allait cruellement expier cette étrange erreur de compter pour rien le monde réel, les devoirs positifs, l’activité publique, et qui regardait avec orgueil (le mot y est) les hommes d’action qui ne savaient pas s’élever à ces hauteurs éthérées du pur sentiment, qui ne savaient affiner leurs âmes jusqu’à comprendre tant de délicatesse.
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