Victor Du Bled

Résumé

Victor Du Bled Le Prince de Ligne

L’histoire offre des argumens à tous les systèmes, elle a des souplesses de courtisane pour excuser, justifier, célébrer les théories le plus opposées, elle est l’arsenal inépuisable des gouvernemens et des oppositions, tient boutique de paradoxes et de spécieux sophismes. Elle prouve pour et contre la politique du dégel, pour et contre la politique de résistance, se dénature, porte tous les masques que l’esprit de parti se plait à lui appliquer, se métamorphose sous la plume de l’écrivain, à la voix de l’orateur. Elle est rarement l’école de la morale, elle est trop souvent l’école du succès.
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Victor Du Bled Le Prince de Ligne

Au reste, quand une femme dit qu’elle s’ennuie, c’est comme si elle disait : « Personne n’est amoureux de moi. » Et, certes, quel est le grand plaisir des femmes, sinon d’aimer, d’être aimées ou de parler de l’amour ? Mais le prince assigne la limite ; il veut que, changeant de sexe, une femme de quarante-cinq ans songe à devenir un homme aimable. Ne pensait-il pas à ces grandes dames qui, déjà sur le retour, se disputaient son cœur, ou à cette étonnante Mme de Quinines qui excusait ses tardifs caprices en affirmant qu’une duchesse n’a jamais que trente ans pour un bourgeois ?
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Victor Du Bled Le Prince de Ligne

Avec un tel laisser-aller religieux, Ligne ne pouvait afficher une morale bien austère. Sa philosophie est celle du plaisir combiné avec le bon goût, ou du bonheur, qui est le plaisir fixé. Malheur aux moralistes misanthropes qui ne voient pas le soleil, les fleurs, le sourire de la nature et de la femme !... — Quant à lui, il prend pour devise : « Calme avec soi-même ; bien vivre et bien mourir ; » il voudrait tenir toutes les prétentions du genre humain, ce grand enfant, pour l’empêcher de tomber, de se brûler, surtout de pleurer, de crier, d’arracher et de gâter tout.
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