Gustave Garrisson

Résumé

Gustave Garrisson Revue des Deux Mondes

Donner un aliment aux forces vives des nations, c’est un axiome qu’on refuse trop souvent d’appliquer. La France, au lieu de s’agrandir au dehors par le commerce et les colonies, continua à s’entre-déchirer dans les guerres civiles ; la France resta sourde aux prophéties, et on peut dire, pour parler le langage du temps, qu’elle lapida les prophètes ; mais l’histoire ne peut refuser aux calvinistes le noble privilège, si chèrement expié, d’avoir pressenti la vérité et d’avoir soutenu la bonne cause, celle de la liberté civile et de l’indépendance nationale.
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Gustave Garrisson Revue des Deux Mondes

Le calvinisme entreprit cette tâche, et c’est à ses héroïques efforts, à ses combats incessans, à sa polémique ardente, victorieuse, que la France doit son indépendance, son intégrité. Sans le calvinisme, Henri IV ne serait pas monté sur le trône, et la France ne serait plus France ; c’est toujours sous l’invocation de ce nom sacré que le calvinisme a combattu ; à chaque page de ses éloquens pamphlets, Duplessis-Mornai demande au peuple de se souvenir qu’il est Français et que tous les ennemis du roi sont étrangers, Lorrains, Italiens ou Espagnols.
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Gustave Garrisson Revue des Deux Mondes

Dès cette époque, on le voit, la bourgeoisie, que l’on n’a jamais plus violemment calomniée qu’aujourd’hui même après son triomphe, possédait le véritable esprit de gouvernement, et cet esprit, on peut même affirmer qu’elle l’a toujours manifesté dans l’histoire, parce que le travail et les difficultés de la vie ont développé en elle, avec l’amour de la paix et de la justice, cette rectitude et cette simplicité de vues qu’on appelle le bon sens chez les individus, et l’esprit public chez les peuples.
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