Résumé

Aug. Poirson Revue des Deux Mondes

François Ier et Henri II avaient courageusement, mais péniblement résisté à la maison d’Autriche : la mort n’avait pas laissé à Henri IV le temps de l’attaquer. Richelieu l’abaissa sans retour ; il affranchit à tout jamais et la France et l’Europe des projets de monarchie ou de suprématie universelle de cette maison, et donna pour barrière insurmontable à une ambition démesurée, d’une part les ruines qu’il entassa autour du trône des rois d’Espagne, d’une autre l’indépendance des électeurs et des princes, et la franchise de la réforme dans toute l’Allemagne.
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C’est avec ces idées qu’il fonda l’Académie et la nouvelle Sorbonne.
Ce qui fait la civilisation d’un peuple, ce n’est pas l’existence, mais l’action des hommes de génie : une nation peut voir surgir de son sein un ou deux esprits privilégiés et demeurer barbare. Dante, Pétrarque, Boccace, n’ont pas de successeurs immédiats : entre eux et le XVIe siècle, le siècle de la véritable civilisation de l’Italie, deux autres siècles s’écoulent. De même, la France, malgré le rare génie de quelques hommes, pouvait attendre indéfiniment le moment de son plein développement intellectuel.
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Miron et le tiers-état de 1614 ne considèrent pas la monarchie comme l’usufruit d’un peuple et d’un pays, accordé de droit divin à un roi et à quelques privilégiés, pour qu’ils en tirent tout ce que demandent les fantaisies de leur ambition. Ils se font de la royauté une autre et plus noble idée : ils la considèrent comme une haute magistrature, destinée à conduire la nation dans la voie de tous les perfectionnemens qu’amènent le temps et l’expérience, que conseillent la raison et le génie.
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